À l’automne, quand les feuilles tombent et que le jardin semble se mettre en pause, beaucoup d’arbustes offrent pourtant leur meilleure occasion d’être multipliés. Le site Real Self-Sufficiency rappelle que des boutures prélevées à cette période donneront « des plants gratuits au printemps » si l’on respecte quelques règles simples, sans serre ni matériel sophistiqué.
Contrairement aux boutures herbacées, ces boutures ligneuses utilisent des rameaux dormants, souvent « gros comme un crayon ». Selon l’article, ces tiges « n’ont besoin ni de système de brumisation, ni de lampe de culture, et souvent même pas d’hormone de bouturage ». Il suffit d’un sécateur, de quelques pots, d’un substrat drainant et d’un coin abrité pour transformer son jardin en pépinière maison. Reste à savoir quelles plantes s’y prêtent vraiment.
Boutures ligneuses à l’automne : la bonne méthode pas à pas
Les conseils de Raphaël, jardinier bio, rejoignent ceux de Real Self-Sufficiency. On prélève après la chute des feuilles des tiges d’un an, saines, droites, d’un diamètre proche du crayon, sur 8 à 12 pouces. La coupe du bas se fait juste sous un bourgeon, la coupe du haut juste au-dessus ; pour éviter de planter à l’envers, beaucoup biseautent uniquement la base et laissent le haut coupé droit.
On retire les feuilles du bas s’il en reste, puis on enfonce les deux tiers de la tige dans un pot rempli d’un mélange léger. Raphaël conseille de mélanger terre du jardin et sable pour un substrat bien drainant ; l’article recommande un terreau maintenu humide pour éviter la pourriture. Un arrosage au départ, une étiquette, et les pots vont ensuite dans un endroit protégé du vent.
25 plantes à multiplier par boutures ligneuses en bois dormant
Pour les fruitiers et petits fruits, la liste est riche : figuier, vigne, mûrier, sureau, groseilliers et groseilliers à maquereau, cognassier, grenadier, kiwi rustique (Actinidia arguta) et myrtillier. L’article indique que « les boutures de figuier sont presque inratables », tandis que la vigne et le mûrier reprennent « à près de 100 % chez les jardiniers amateurs ». Le sureau s’enracine si facilement qu’on peut enfoncer directement des tronçons de 10 à 12 pouces en pleine terre humide, là où l’on souhaite un nouveau buisson.
Le grenadier bouture bien mais ne tient dehors que là où l’hiver reste au-dessus d’environ -12 °C ; ailleurs, les jeunes pots passent sous abri hors gel, tout comme le kiwi rustique. L’article note que « le myrtillier est franchement la plante la moins fiable ici en bouture de bois dur ». Troène, saule, forsythia, rosiers arbustifs ou lianes, cornouillers à bois coloré, weigelia, spirée, buddléia, althéa, hortensia paniculé, viorne, physocarpe, callicarpe, fusain ailé, lilas des Indes et chèvrefeuille s’enracinent bien, mais certains, comme le buddléia, le fusain ailé ou des chèvrefeuilles, sont considérés comme envahissants.
Hiverner les boutures ligneuses et éviter les principaux ratés
Une fois les boutures ligneuses installées, la question est surtout de bien passer l’hiver. Raphaël recommande de laisser les pots dehors, mais à l’abri du vent, éventuellement en serre froide. Il conseille environ un arrosage par semaine, en rappelant que les pluies hivernales peuvent suffire si les contenants restent dehors ; l’essentiel est de ne jamais laisser le substrat se dessécher complètement ni de le détremper.
Pour les espèces frileuses comme le grenadier, le lilas des Indes ou la callicarpe, l’article conseille de garder les boutures hors gel la première année. Les échecs viennent souvent d’un excès d’eau, d’un bois mal choisi ou d’un gel sur de petits pots. Certaines, comme le myrtillier ou la viorne, mettent des mois à montrer des signes de reprise ; au printemps, l’apparition de nouveaux bourgeons indiquera que le système racinaire s’est développé.