Ces 5 graminées à planter maintenant réveillent le jardin en automne, validées par une paysagiste

5 graminées ornementales à planter maintenant pour une texture d’automne, validées par une paysagiste

Quand les massifs de fleurs commencent à s’essouffler, certaines plantes prennent discrètement le relais et réveillent le jardin : les graminées ornementales. Leurs tiges souples captent la lumière rasante, leurs épis bougent au moindre souffle, et elles demandent peu d’entretien. Beaucoup de jardiniers pensent qu’il est trop tard pour planter en octobre, alors qu’une belle fenêtre s’ouvre encore.

C’est aussi l’avis de la paysagiste américaine Caroline Ervin, fondatrice de Caroline Ervin Landscape Design. Elle résume : « Les graminées ornementales apportent texture et mouvement au jardin et peuvent être un fantastique substitut à une pelouse traditionnelle, qui demande tellement d’entretien. Le début de l’automne est un excellent moment pour les planter, car elles vont persister tout l’automne et structurer le jardin en hiver ». Et cinq variétés, en particulier, méritent une place immédiate au jardin.

Pourquoi l’automne reste un bon moment pour planter des graminées ornementales

D’après les conseils jardinage de Truffaut, les graminées de la famille des Poacées se plantent « à l’automne et au printemps ». En octobre, le sol est encore chaud, ce qui favorise l’enracinement avant l’hiver, alors que l’évaporation diminue. Les jeunes touffes ont le temps de s’installer et d’offrir rapidement volume et texture, tout en préparant une reprise vigoureuse dès mars.

Autre atout, ces plantes acceptent « un vaste éventail de conditions climatiques et culturales et ignorent maladies et parasites ». Certaines aiment le plein soleil et les sols secs, d’autres tolèrent les terres lourdes ou fraîches. En les choisissant bien, on obtient à la fois un décor graphique et une végétation peu exigeante, qui bougera encore sous les vents d’hiver.

5 graminées ornementales recommandées par Caroline Ervin pour l’automne

Le switchgrass ou Panicum virgatum forme de hautes touffes légères, avec des nuages de graines qui nourrissent les oiseaux. Caroline Ervin décrit : « Les extrémités du feuillage peuvent virer au pourpre puis au rouge à la fin de l’été. Le cultivar ‘Shenandoah’ est d’un magnifique rouge grenat. Les feuilles vert clair deviennent jaunes en automne et restent en place tout l’hiver ». Rustique (zones USDA 3 à 9), il accepte sols sableux, argileux, secs ou frais. Plus bas, le Schizachyrium scoparium, ou little bluestem, pousse en touffes serrées bleu-vert qui deviennent rouge vif en automne, surmontées « d’épis argentés et duveteux d’août à octobre », explique-t-elle. Il aime le plein soleil et les sols pauvres, voire caillouteux, ce qui en fait une vraie alternative décorative au gazon.

Le Sporobolus heterolepis, ou prairie dropseed, dessine des coussins souples vert foncé, parfaits en bordure ou en masse. Ses inflorescences dorées sont décrites par la paysagiste ainsi : « Les petits nuages dorés de graines sont légèrement parfumés et sentent parfois le pop-corn au beurre ». Il supporte sols secs, pierreux ou argile lourde et vit longtemps. Pour une touche spectaculaire, Muhlenbergia capillaris offre des nuages rose coton : « Le muhly est un excellent ajout au jardin et peut se mélanger à d’autres graminées pour créer une alternative texturée et variée à la pelouse », souligne Caroline Ervin. Il apprécie environ six heures de soleil direct et, une fois installé, demande peu d’eau. Enfin, les Carex (Carex spp.) ne sont pas des graminées au sens botanique, mais ils en ont tout l’effet. « Il existe de nombreuses espèces de laîches indigènes qui poussent au soleil ou à l’ombre, dans des sols variés et dans de nombreuses régions », rappelle la paysagiste. Feuillage doré, panaché ou bien vert vif : de quoi border massifs et allées, y compris à mi-ombre.

Bien planter et entretenir ces graminées pour un décor jusqu’en hiver

Pour une plantation d’automne réussie, la méthode reste simple :

  • Choisir un emplacement en plein soleil pour Panicum, Schizachyrium, Sporobolus et Muhlenbergia, mi-ombre possible pour de nombreux Carex.
  • Ameublir la terre, améliorer le drainage dans les sols lourds.
  • Installer la motte à la même hauteur que dans le pot, puis arroser abondamment.
  • Ajouter un paillage léger pour limiter les variations de température et l’évaporation.

En pot, Truffaut conseille des contenants d’au moins 30 cm de diamètre pour obtenir de beaux volumes.

Côté entretien, la jardinerie rappelle que l’on n’arrose « qu’en cas de sécheresse prolongée ou en cas de plantation récente » en pleine terre. Les espèces persistantes comme de nombreux Carex gardent leur feuillage, qu’il suffit de nettoyer en fin d’hiver. Pour les graminées caduques, Truffaut précise que « le feuillage et les fleurs sèches restent très décoratifs même pendant l’hiver » et recommande d’attendre février ou mars pour rabattre court les touffes. Le jardin profite ainsi tout l’hiver de leurs silhouettes fauves, avant que les nouvelles pousses ne repartent au printemps.