Ces 6 éléments tendance dans votre cuisine risquent de devenir vos pires regrets, préviennent les designers

Selon les designers, ces 6 éléments de cuisine sont ceux que les propriétaires regrettent le plus d’avoir installés

Sur le papier, tout est parfait : cuisine toute neuve, matériaux tendance, photos dignes d’un catalogue. Puis les mois passent, le quotidien reprend ses droits et certains choix deviennent franchement agaçants. Trop de traces, pas assez de rangements pratiques, entretien interminable… ces détails finissent par l’emporter sur l’effet waouh du premier jour.

Les designers Laura Brophy et Rebekah Murphy racontent voir revenir encore et encore les mêmes éléments de cuisine que les propriétaires regrettent. Finitions ultra tendance, îlot démesuré, gadgets luxueux, étagères ouvertes, crédence chargée ou cuisine tout en ton sur ton : derrière ces options très instagrammables, la réalité de l’usage est parfois rude. Et certains regrets coûtent cher à rattraper.

Ces éléments de cuisine tendance que l’on regrette vite, selon les designers

Laure Brophy met en garde contre les finitions dictées par les effets de mode. « Des meubles de cuisine lisses et très brillants ou des carreaux de sol audacieux peuvent sembler incroyables pendant une saison », explique-t-elle. « Mais très vite, ils peuvent paraître froids ou démodés. Choisissez des matériaux avec de la chaleur et de l’âme comme le bois, l’enduit ou la pierre naturelle. Des pièces qui vieillissent bien et ne vous enferment pas dans un moment précis ». Les carrelages très graphiques s’ajoutent au problème : sol froid, joints qui noircissent, éclats au moindre choc et, en cas de remplacement, un chantier lourd en poussière et gravats.

Autre source de déception : les cuisines trop uniformes. « Choisir la même finition pour les meubles, le plan de travail et la crédence peut sembler au départ élégant et cohérent », indique Rebekah Murphy, « mais beaucoup de clients finissent par regretter le rendu plat et peu indulgent que cela crée ». Dans une cuisine toute blanche, « chaque trace de doigt et chaque éclaboussure se voient immédiatement, et cette uniformité peut paraître stérile plutôt qu’accueillante », poursuit-elle. Elle conseille d’introduire des contrastes doux avec des neutres chaleureux, des bois naturels ou une pierre veinée pour une pièce plus agréable à vivre.

Îlot, gadgets, étagères ouvertes : les regrets cuisine les plus fréquents

L’îlot géant fait rêver sur les plans 3D. Sur le terrain, le bilan est plus mitigé. « L’îlot ‘plus c’est grand mieux c’est’ semble séduisant en théorie mais se transforme souvent en regret », prévient Laura Brophy. « Quand il est surdimensionné, il devient difficile de circuler, pénible à nettoyer et il casse la fluidité de la cuisine. Un îlot à la bonne taille équilibre la pièce ». Dans les très grands espaces, la designer préfère parfois deux îlots plus compacts plutôt qu’un bloc unique impossible à contourner.

Côté équipement, Laura Brophy cible les gadgets qui brillent plus qu’ils ne servent. « Les équipements qui paraissent luxueux comme les tiroirs chauffants, les stations de café intégrées, les tireuses à soda et autres gadgets non essentiels peuvent finir par être une perte de temps et d’argent », avertit-elle. « Ils semblent formidables sur le papier mais, la plupart du temps, ils ne servent presque jamais », ajoute-t-elle. Elle recommande d’investir d’abord dans les « valeurs sûres que vous aimerez chaque jour : une bonne cuisinière, un bon réfrigérateur, voire un deuxième lave-vaisselle ». Rebekah Murphy, elle, voit beaucoup de lassitude face aux étagères ouvertes : « L’étagère ouverte est magnifique en photo et peut sembler légère et aérienne au début », explique-t-elle. « Mais dans la vraie vie, le quotidien amène vite poussière, graisse et désordre, et la plupart des clients se lassent de l’effort constant nécessaire pour que ces étagères restent parfaitement mises en scène ».

Crédence, sols et couleurs : comment corriger une cuisine qu’on regrette

La crédence arrive en haut de la liste des relookings : une grande étude sur les cuisines rénovées montre que 86 % des projets incluent le remplacement de la crédence de cuisine, qui monte jusqu’aux meubles hauts dans 62 % des cas et jusqu’au plafond dans 10 % des dossiers. Rebekah Murphy met en garde contre les crédences très graphiques : « Les crédences très chargées en motifs ou très colorées peuvent sembler exaltantes pendant la pose, mais elles ont tendance à écraser la cuisine et à se démoder bien plus vite que prévu », observe-t-elle. Elle conseille une crédence en pierre à l’aspect intemporel, capable d’apporter « de la profondeur, de l’élégance et un mouvement subtil sans voler toute l’attention ».

Quand le regret est déjà là, certains correctifs évitent de tout casser. Un sol vinyle posé « sol sur sol » par-dessus un carrelage sain se met en place en un à deux jours pour une cuisine standard, sans démolition ni gravats, et réchauffe instantanément une pièce jugée trop froide. Une crédence adhésive prévue pour la chaleur et l’humidité se colle directement sur un carrelage daté pour quelques dizaines à quelques centaines d’euros, sans perceuse. En pratique, beaucoup de designers conseillent ce trio de réflexes pour limiter les regrets :

  • adoucir une crédence trop présente avec un revêtement discret posé sur le carrelage existant ;
  • réchauffer un carrelage au sol grâce à un revêtement vinyle continu entre cuisine et séjour, si le support est en bon état ;
  • casser l’effet « tout pareil » par des contrastes simples : poignées, luminaires, tabourets, tapis lavable.

Sources