Un bel arbre de printemps qui embaume le jardin, puis quelques années plus tard des racines qui soulèvent la terrasse, des semis partout, voire une odeur tenace sous les fenêtres. Derrière certaines étiquettes séduisantes en jardinerie se cachent de vrais casse-tête verts. Plusieurs espèces très vendues en France font partie des 7 arbres à éviter au jardin, car elles deviennent envahissantes ou compliquent la vie des voisins comme des jardiniers.
Depuis quelques années, les autorités françaises et européennes surveillent de près les espèces exotiques envahissantes. Le Règlement (UE) n° 1143/2014 et sa mise à jour de 2025 (règlement d’exécution n° 2025/1422) encadrent déjà 114 espèces jugées préoccupantes pour l’Union, dont 49 plantes. L’ailante, ou arbre du ciel, y figure par exemple. D’autres arbres, sans être interdits, se révèlent tout aussi problématiques dans un petit jardin.
Pourquoi ces 7 arbres à éviter au jardin deviennent vite ingérables
Le premier profil concerne les arbres vraiment invasifs. Ils produisent des milliers de graines viables ou des drageons, colonisent talus, friches et lisières, puis finissent par concurrencer la flore locale. C’est le cas de Ailanthus altissima, l’ailante, mais aussi du cerisier tardif d’Amérique (Prunus serotina). Ces espèces exotiques envahissantes se propagent loin du jardin, parfois à partir d’un seul sujet planté pour son côté décoratif.
Vient ensuite le profil des arbres aux racines agressives ou au bois fragile. L’érable sycomore (Acer pseudoplatanus) et l’ailante peuvent soulever murets, escaliers ou dalles, tandis que le poirier de Bradford (Pyrus calleryana ‘Bradford’) forme un houppier cassant en cas de vent fort. Dernier type de problème : les nuisances au quotidien, comme les fruits malodorants du ginkgo femelle ou les tapis d’aiguilles d’un épicéa commun affaibli.
Les 7 arbres à éviter au jardin, espèce par espèce
Le poirier de Bradford séduit par sa floraison blanche spectaculaire au début du printemps. Pourtant ses fleurs dégagent une odeur jugée désagréable, et son bois reste cassant : les branches se brisent facilement lors des coups de vent. Il se ressème aussi dans les friches et bords de route. L’ailante, lui, a été planté comme arbre d’alignement ; ses racines puissantes et ses rejets envahissent aujourd’hui jardins, parkings et murs.
Le cerisier tardif d’Amérique forme vite des fourrés denses : ses graines restent viables plusieurs années dans le sol et les jeunes plants se multiplient après chaque taille. Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) crée un mur vert persistant mais se ressème abondamment ; ses feuilles coriaces et toxiques intéressent peu les insectes. L’épicéa commun (Picea abies), à son aise en montagne, souffre de la chaleur en plaine et devient très sensible aux scolytes et aux champignons.
Que faire avec ces arbres à risque et par quoi les remplacer
Quand l’un de ces arbres est déjà installé, la première étape reste de vérifier la réglementation locale, surtout pour l’ailante inscrit sur la liste européenne des espèces préoccupantes depuis 2019. La plantation, la vente et le transport de cette espèce sont interdits dans l’Union ; certaines régions imposent même une lutte active. Pour les autres, une gestion rigoureuse limite les dégâts : suppression des fleurs ou fruits, arrachage des semis et contrôle régulier des rejets autour des souches ou des haies.
- Semis spontanés qui envahissent pelouse, massifs ou potager
- Rejets qui apparaissent à plusieurs mètres du tronc
- Dalles, murets ou clôtures qui se déforment à proximité des racines
Pour remplacer un arbre à problème, beaucoup de jardiniers se tournent vers des espèces plus sages : chêne vert (Quercus ilex) pour l’ombre, pommier domestique ou érable champêtre. Ces essences offrent nourriture à la faune, un enracinement moins agressif et un jardin plus facile à gérer.