Ces bonnes intentions d’octobre qui mettent les écureuils en danger (et comment les aider vraiment)

En octobre, les écureuils semblent partout. Ils dévalent les troncs, fouillent les pelouses, disparaissent avec une noisette ou un gland serré entre les dents. Derrière ce ballet bien connu des jardins se cache une urgence très sérieuse : préparer les réserves d’hiver qui leur permettront de tenir jusqu’au printemps. Et là, beaucoup de jardiniers s’interrogent sur la bonne attitude à adopter.

Car l’envie d’aider les écureuils en octobre est forte, surtout quand on voit un animal très maigre ou un automne sec. Faut-il alors remplir une mangeoire de fruits secs ou, au contraire, s’effacer pour ne pas dérégler son instinct de recherche et de cache ? La frontière entre coup de pouce et sur-assistance est plus fine qu’il n’y paraît.

Pourquoi l’écureuil roux s’agite autant en octobre au jardin

En France, il s’agit le plus souvent de l’écureuil roux, qui ne connaît pas une hibernation profonde comme la marmotte. Il reste actif tout l’hiver, même s’il sort moins lors des épisodes de froid intense. Ses repas viennent alors de centaines de petites réserves constituées en automne : graines de conifères, glands, faînes, noisettes, châtaignes, mais aussi bourgeons, champignons et parfois insectes.

Tout l’intérêt pour lui est de multiplier les cachettes, sous terre, sous un tapis de feuilles, dans une anfractuosité d’écorce. Ce comportement de quête, transport puis enfouissement est essentiel à sa survie. Une partie de ces trésors reste d’ailleurs introuvable pour l’animal, ce qui permet aux graines oubliées de germer plus tard et de renouveler la végétation du jardin.

Faut-il nourrir les écureuils en octobre, et comment le faire bien

Les spécialistes du jardin rappellent que la réponse est « pas systématiquement ». En octobre, un jardin bien planté fournit souvent encore de quoi se nourrir : glands sous les chênes, noisettes au pied du noisetier, cônes de conifères, haies riches en fruits. Le meilleur service rendu consiste donc à préserver ces ressources naturelles, plutôt que de transformer son terrain en restaurant à ciel ouvert.

Concrètement, cinq gestes simples suffisent pour les aider sans les perturber :

  • Laisser une partie des noisettes tombées au sol au pied des noisetiers.
  • Conserver les grands arbres et les branches qui servent de ponts entre les cimes.
  • Préserver des haies et zones denses, véritables couloirs de déplacement et refuges.
  • En période sèche, installer une coupelle d’eau propre et peu profonde dans un coin calme.

Planter à moyen terme un noisetier ou d’autres arbustes à fruits est aussi un bon investissement pour la faune, écureuils compris.

Erreurs fréquentes qui dérèglent l’instinct des écureuils, et comment les éviter

La première erreur consiste à trop en faire. Déposer chaque jour une grosse quantité de nourriture au même endroit rompt le cycle normal de prospection. L’écureuil n’a plus besoin de chercher, de diversifier ses caches ni de s’adapter à la disponibilité naturelle des ressources. Lui proposer des restes de repas, des aliments salés, sucrés ou transformés pose aussi problème, tout comme le nourrir à la main : un animal sauvage doit garder une certaine distance avec l’être humain.

Autre point de vigilance, les chats du quartier. Installer de la nourriture au sol dans une zone très dégagée attire l’écureuil dans un endroit où il devient plus vulnérable à un prédateur. Mieux vaut, si l’on dépose quelques fruits, le faire près d’un arbre, d’une haie ou d’un tas de branches qui lui offre une échappatoire rapide. Un jardin naturel, pas trop nettoyé, avec feuilles mortes et coins tranquilles, lui permet de gérer lui-même ses réserves. Et quand une noisette ou un gland est oublié, la graine peut germer quelques mois plus tard, offrant au jardinier un jeune arbre de plus.