En novembre, quand les bouquets de chrysanthèmes fanent devant les maisons et sur les tombes, la plupart des pots terminent au compost. En France, cette fleur pèse lourd : selon une étude citée par Angélique Passebosc, le chrysanthème représente environ 64 % des achats pour la Toussaint, soit près de 23 millions de pots chaque année entre 5 et 20 euros l’unité. Une observatrice interrogée par Reporterre parle d’un vrai gâchis pour ces plantes pourtant capables de refleurir l’année suivante.
Dans certaines rues pourtant, quelques pots restent dehors tout l’hiver, tiges rabougries et feuilles grillées adossées à un mur. Leur propriétaire sait ce que rappelle la Société Nationale d’Horticulture de France : « le chrysanthème de Toussaint est avant tout une plante vivace« , capable de reformer une touffe et de refleurir à l’automne suivant si on la ménage. Pour hiverner les chrysanthèmes rustiques au jardin, quelques gestes simples suffisent, mais ils doivent être faits au bon moment et au bon endroit.
Reconnaître un chrysanthème rustique avant l’hivernage
Avant toute chose, il faut savoir quel type de chrysanthème vous avez. Les spécialistes distinguent les chrysanthèmes rustiques de jardin, souvent notés Chrysanthemum × morifolium, et les chrysanthèmes d’exposition, aux fleurs géantes portées par des tiges qu’il faut tuteurer. Ces derniers ont des racines superficielles et ne supportent pas l’hivernage dehors : ils se cultivent plutôt comme des annuelles ou sous abri hors gel.
Pour les sujets rustiques, les besoins de base restent assez clairs : plein soleil au moins six heures par jour, une terre profonde, riche en matière organique et surtout bien drainée. Un sol argileux lourd devra être allégé avec du sable ou du gravier et du compost, afin d’éviter l’eau stagnante autour de la souche en hiver. Le véritable ennemi du chrysanthème rustique n’est pas seulement le gel, mais ce mélange de froid et d’humidité qui fait pourrir les racines.
Hiverner les chrysanthèmes rustiques en pleine terre ou en pot
Pour un chrysanthème déjà installé en massif, la préparation commence à la fin de la floraison. On retire les fleurs fanées, mais on laisse les tiges en place après les premières gelées : ce squelette sec protège le cœur de la touffe et aide à maintenir le paillage. Dès que le sol refroidit, on dépose autour du pied une couche de feuilles mortes ou de paille d’environ 15 centimètres d’épaisseur, en débordant largement tout autour pour bien isoler les racines.
Pour les chrysanthèmes de Toussaint cultivés en pot, la méthode se joue en quelques minutes. Juste après la floraison, on rabat les tiges à une dizaine de centimètres, on garde la motte dans son contenant, puis on cale le pot contre un mur bien ensoleillé, en le surélevant pour que l’eau ne stagne pas sous le fond. Un paillis de feuilles ou de paille posé au pied limite les dégâts lors des hivers les plus durs, complété si besoin par un voile d’hivernage posé lors des coups de froid. En climat très froid, on peut aussi rentrer ces pots dans un garage ou une cave non chauffée, où la température reste entre 0 et 13 °C ; la plante y entre en repos et l’on arrose très peu, juste assez pour que la terre reste légèrement humide.
Du printemps à l’automne : refaire fleurir les chrysanthèmes rustiques
Au printemps, dès que de jeunes pousses vertes apparaissent, on retire progressivement paillis, branches ou voile d’hivernage. Les pots peuvent alors être replantés en pleine terre, en mai après les gelées, en espaçant les pieds de 50 à 60 centimètres.
En juin ou juillet, on pince les extrémités des tiges pour densifier la touffe et multiplier les boutons. Il suffit alors de soleil, d’un sol drainé et d’un œil sur la rouille et l’anguillule.