Ces plantes très décoratives menacent la biodiversité et votre maison : ce qu’il faut vérifier avant de les arracher

Un massif de graminées généreuses, une haie flamboyante en automne, un talus bien tenu… et si ces vedettes de votre décor étaient en réalité des bombes à retardement pour la biodiversité ? Dans de nombreux jardins, des espèces plantées longtemps auparavant s’échappent vers les chemins, les fossés et les zones voisines. Elles semblent sages, jusqu’au jour où elles ne le sont plus.

Le Muséum national d’Histoire naturelle classe certaines de ces plantes parmi les espèces exotiques envahissantes, parfois encadrées par une réglementation européenne. Jardins de France estime que plus de 10 % de la flore française est concernée. Beaucoup de jardiniers découvrent un jour que leur miscanthus, leur fusain ailé ou leur buddléia figurent sur ces listes, et se demandent aussitôt s’il faut tout arracher.

Plantes invasives au jardin : quand une alliée du décor devient écologiquement destructrice

Pour les scientifiques, une plante invasive au jardin est une espèce introduite par l’être humain qui se propage largement et cause des dommages. En France, l’herbe de la pampa ou la renouée du Japon illustrent ce phénomène. Dans un récit publié par Fine Gardening, la paysagiste Heather Tuckman cite Hemerocallis fulva, Spiraea japonica, Miscanthus sinensis et Euonymus alatus comme plantes « écologiquement destructrices ».

Le rôle de ces plantes dépend beaucoup du site : un terrain plat n’aura pas les mêmes soucis qu’une pente au-dessus d’un ruisseau ou d’une maison. La fin de l’été reste idéale pour voir ce qui déborde déjà, quand le sol est encore meuble. Comme le souligne un article du site AOL, « Les dégâts de l’hiver commencent souvent bien avant que ne tombe le premier flocon de neige ».

Avant d’arracher ces plantes invasives : diagnostic et risques cachés au jardin

Avant d’arracher le moindre arbuste, un diagnostic rapide s’impose. En fin d’été, faites le tour du jardin : repérez les semis spontanés, les touffes qui avancent et les zones de contact avec un fossé, un bois ou une prairie. Vérifiez l’humidité de la terre en y enfonçant un doigt et complétez le paillis là où le sol est nu. Posez-vous alors quelques questions simples, qui orientent la suite.

  • La plante figure-t-elle sur une liste officielle d’espèces invasives ?
  • Se ressème-t-elle ou drageonne-t-elle au-delà de la plate-bande ?
  • Assure-t-elle un rôle utile (brise-vent, écran, stabilisation, gestion du ruissellement) ?

Dans le cas raconté par Heather Tuckman, la suppression trop rapide d’une haie d’Euonymus alatus a révélé un risque inattendu. Sa maison, en contrebas de terres agricoles, recevait un ruissellement important lors des orages. L’ancienne propriétaire avait planté une bordure de Pinus strobus et de fusains ailés qui ralentissaient l’eau. Une fois cette barrière arrachée, des pluies intenses ont créé des ruisseaux autour du bâti et des infiltrations au sous-sol, imposant un chantier de drainage.

Remédier aux plantes invasives : méthodes douces et remplacement progressif

Quand une plante invasive ne rend presque aucun service, l’objectif est de l’éliminer, mais de façon adaptée. Des vivaces comme Miscanthus sinensis exigent plusieurs arrachages successifs, en coupant les fleurs avant les graines. Pour un arbuste comme Euonymus alatus, Heather Tuckman a pratiqué une coupe à ras en fin d’été, laissé sécher la souche puis recouvert le tout de carton et d’environ 12 cm de broyat. Ce recouvrement a accéléré la décomposition et limité fortement les rejets.

Quand la plante remplit une fonction essentielle, mieux vaut la remplacer par étapes. Heather Tuckman a conservé une partie de son écran de fusains le temps de reprofiler le terrain et de planter des arbustes de substitution. Chez vous, l’idée reste la même : choisir des espèces non invasives adaptées à l’exposition et au sol, prévoir leur largeur adulte, planter en automne ou au printemps dans un trou un peu plus large que la motte, bien arroser puis pailler. Les branches arrachées peuvent même former une « haie morte« , alignement de bois mort qui abrite insectes et petits animaux.

Sources