Cet hiver, les jardiniers accrochent cet objet ménager brillant au jardin pour faire fuir les pies loin des mangeoires

Vous remplissez la mangeoire de graines en pensant aux rouges-gorges et aux mésanges… et ce sont des pies bavardes qui débarquent, font fuir tout le monde et vident tout en quelques minutes. Beaucoup de jardiniers observent cette scène dès l’automne, surtout quand la nourriture se raréfie. Reste une question très concrète : comment éloigner les pies des mangeoires à oiseaux sans leur faire de mal ni renoncer au nourrissage.

Au Royaume-Uni, la pie bavarde (*Pica pica*) est une espèce protégée par le Wildlife and Countryside Act 1981, ce qui pousse les amateurs de nature à chercher des solutions douces. Lucy Hutchings et Kate Cotterill, fondatrices de She Grows Veg, recommandent aujourd’hui une méthode très simple, basée sur des objets brillants et mobiles. Une astuce de récupération qui change déjà l’ambiance autour des mangeoires.

Pourquoi les pies dominent les mangeoires

Grand corvidé noir et blanc, la pie bavarde mesure bien plus qu’un rouge-gorge et n’a pas peur de l’humain. Une fois qu’elle a repéré une mangeoire à oiseaux facile d’accès, elle y revient très vite, grâce à sa mémoire et à ses réflexes. Les spécialistes rappellent qu’elle peut aussi piller les nids et manger les œufs, ce qui se traduit, au jardin, par moins de rouges-gorges, de chardonnerets ou de troglodytes.

Selon les conseils relayés par le site familial Netmums, le vrai problème arrive en hiver, de la mi-novembre à la fin mars, quand les ressources naturelles baissent et que les mangeoires deviennent vitales pour les petits passereaux. Si quelques pies monopolisaient toute la mangeoire, ces espèces plus délicates risqueraient de trouver trop peu de graines ou de graisse pour affronter le froid, alors même que le jardinier pense les aider.

Objets brillants : une méthode simple

Pour rééquilibrer la situation, ces jardinières préconisent une solution toute simple : suspendre des objets réfléchissants qui bougent avec le vent. Lucy Hutchings et Kate Cotterill résument : « Les épouvantails classiques ne fonctionnent pas indéfiniment, mais des répulsifs tournants comme des objets brillants, un ruban qui flotte ou des moulins réfléchissants peuvent aider. Nous accrochons des CD, des bandes de papier aluminium ou même des carillons réfléchissants autour des massifs », détaillent-elles.

Le principe repose sur deux éléments qui dérangent les pies : le mouvement imprévisible et les éclats de lumière. Ces grandes corneilles, très intelligentes, repèrent vite qu’un épouvantail immobile ne représente aucun danger. En revanche, les reflets qui jaillissent d’un CD qui tourne ou d’une bande d’alu qui claque peuvent évoquer, pour elles, la fuite d’un prédateur. Des sociétés spécialisées comme Huck Nets UK utilisent d’ailleurs ce même effet pour éloigner les oiseaux des bâtiments.

Bien placer ces objets au jardin

Les experts recommandent de ne pas accrocher ces objets juste à côté de la mangeoire ou du bain d’oiseaux, au risque de faire fuir tout le monde. L’idée consiste à viser les « points hauts » que les pies affectionnent : la cime d’un arbre, un poteau de clôture, le faîtage d’un abri de jardin. Les petits passereaux restent, eux, surtout près de la mangeoire ou au sol, donc bien moins exposés à ces reflets.

Dans un petit jardin, trois à six CD suspendus à différentes hauteurs et libres de tourner forment déjà une barrière dissuasive. On peut aussi recycler des bandes de papier aluminium, des barquettes de plats à emporter ou un ruban réfléchissant de jardinerie. Accrochés en hauteur près des perchoirs des pies, ces objets doivent être déplacés tous les trois à cinq jours, ou deux fois par semaine, pour que les oiseaux ne s’y habituent pas. La LPO, Ligue pour la Protection des Oiseaux, recommande en parallèle un nourrissage modéré et des mangeoires bien nettoyées.

Sources