La scène est familière au jardin : un sol parfaitement humide le soir, puis presque sec dès le lendemain, surtout en pleine canicule. Entre les journées chargées et les départs en week‑end, difficile de suivre le rythme de l’arrosage. Une méthode ancestrale, remise au goût du jour par des experts du jardin, promet pourtant de garder la terre fraîche plus longtemps avec très peu d’efforts.
Dans une vidéo pédagogique publiée par l’équipe d’Art’s Nursery sur TikTok, cette technique d’arrosage par jarre en terre cuite est décrite comme « une solution d’arrosage éprouvée qui existe depuis des milliers d’années », lit-on dans la légende. Des universités américaines comme la University of Arizona et la Colorado State University ont étudié cette méthode et détaillent ses atouts pour économiser l’eau au potager. Cette jarre enterrée ne paye pas de mine, mais son fonctionnement surprend même les jardiniers expérimentés.
Arrosage par oyas : la méthode ancestrale qui fait durer l’humidité
Concrètement, une oya, ou olla, est un pot en terre cuite non émaillée, microporeuse, que l’on enterre près des plantes en ne laissant dépasser que le col. On le remplit d’eau, puis on ferme avec un couvercle ou une soucoupe pour limiter l’évaporation. Selon la vidéo d’Art’s Nursery, cette irrigation par jarre serait utilisée depuis plus de 4 000 ans en Afrique du Nord, en Amérique latine et en Chine.
Le principe, mis en avant par la Cooperative Extension de la University of Arizona, reste très simple. Tant que la terre autour de la jarre reste humide, l’eau ne traverse presque pas les parois. Dès que le sol sèche, la différence de tension hydrique attire l’eau à travers la terre cuite, exactement là où se trouvent les racines. Le sol garde alors une humidité régulière, proche de la capacité au champ, sans flaques ni ruissellement.
Pourquoi les oyas gardent la terre humide plus longtemps au potager
Les essais rapportés par la University of Arizona indiquent que ce type d’arrosage peut réduire de 60 à 70 % la quantité d’eau utilisée par rapport à des méthodes d’irrigation classiques en surface. L’article du Permaculture Research Institute résume l’intérêt en expliquant que « les ollas éliminent pratiquement le ruissellement et l’évaporation courants dans les systèmes d’irrigation modernes, permettant à la plante d’absorber près de 100 % de l’eau ».
Au quotidien, cette régulation naturelle rassure en période de chaleur ou pendant les vacances, quand on ne peut pas passer arroser tous les soirs. La terre reste fraîche en profondeur, les feuilles souffrent moins des à-coups hydriques et les fruits comme les tomates ou les courgettes semblent plus réguliers. Les oyas se prêtent surtout aux bacs potagers et aux pieds de légumes déjà bien enracinés.
Bien installer une oya et éviter les erreurs courantes au jardin
Pour profiter pleinement de l’effet humidité, les spécialistes conseillent d’enterrer complètement la partie ventrue de la jarre, en laissant seulement l’ouverture affleurer le sol. Le trou doit être légèrement plus large que le pot afin que la terre l’enveloppe bien. On place ensuite les plantes à 15 à 30 centimètres, selon leur taille et la nature du sol, puis on remplit la jarre d’eau et on referme.
Les retours d’expérience montrent qu’en été une oya peut tenir de deux à sept jours sans remplissage, selon la météo, la taille de la jarre et la gourmandise des plantes. Quelques erreurs réduisent toutefois fortement l’efficacité du système : utiliser un pot vernissé ou émaillé, qui ne laisse pas passer l’eau, laisser le col ouvert, ou oublier de vider les jarres avant le gel, ce qui peut les faire éclater.