Ceux qui connaissent le clerodendron adorent ses fleurs roses en lanternes et en cœurs

Il suffit de croiser un massif de clérodendron en plein été pour s’arrêter net : des boules de fleurs roses, suspendues comme des lanternes, où certains voient aussi des petits cœurs serrés les uns contre les autres. L’arbuste semble en fête quand tant d’autres commencent déjà à fatiguer, et c’est souvent à ce moment-là que les jardiniers le remarquent pour la première fois.

Derrière ce spectacle se cache le clérodendron de Bunge, Clerodendrum bungei, un arbuste de la famille des Lamiaceae qui atteint facilement 1,5 à 2 m de haut, avec un port dense et généreux. Encore assez peu planté dans les jardins français, il est pourtant adoré de ceux qui le connaissent, au point de devenir leur vedette de fin d’été. Avec, en coulisse, quelques exigences à bien intégrer.

Clérodendron de Bunge : des fleurs roses en grappes, entre lanternes et cœurs

La magie vient d’abord de ses inflorescences : de larges bouquets sphériques, composés de dizaines de petites fleurs serrées, rose vif à rose carmin. Quand les boutons se forment, ils dessinent de petites lampes fermées ; une fois ouverts, les pétales arrondis rappellent des cœurs minuscules, rassemblés en grappes à la fois légères et spectaculaires. La floraison commence en août et se prolonge souvent jusqu’en septembre, voire octobre selon le climat.

Cette profusion colorée attire abeilles et papillons, qui tournent autour de l’arbuste tant que les fleurs produisent nectar et parfum. Les feuilles participent aussi à l’effet « jungle » : grandes, souvent en forme de cœur, 15 à 20 cm de long, d’un vert intense et légèrement gaufré. Quand on les froisse, elles dégagent une odeur forte, que certains trouvent gênante près d’une terrasse, mais qui ne se remarque guère à distance.

Planter le clérodendron au bon endroit pour profiter de la floraison

Pour profiter pleinement de cette floraison en lanternes roses, l’emplacement compte énormément. Le Clerodendrum bungei aime une lumière douce : soleil non brûlant ou mi-ombre, idéalement une exposition est ou sud-est, comme on le voit dans certains jardins du Val de Loire. Le sol doit rester frais en été, riche en humus, mais bien drainé pour que les racines ne baignent pas dans l’eau en hiver.

Côté climat, la rusticité tourne autour de -10 à -12 °C. En régions douces, on le plante en pleine terre, en isolé ou en fond de massif. Ailleurs, la culture en grand pot permet de le rentrer ou de le plaquer contre un mur abrité. À la plantation, quelques réflexes aident à son installation :

  • Creuser un trou large, enrichi de compost mûr pour nourrir la plante.
  • Arroser généreusement la première année, sans laisser le sol détrempé.
  • Installer un paillage épais pour garder la fraîcheur l’été et protéger le collet l’hiver.

Drageons, froid, odeur : apprivoiser le clérodendron sans se laisser envahir

Le vrai caractère du clérodendron se révèle au fil des années : il produit de nombreux drageons, ces rejets qui surgissent à distance du pied mère. En pleine terre, surtout en sol léger, il peut ainsi coloniser rapidement quelques mètres carrés. Pour garder le contrôle, plusieurs stratégies existent : arracher régulièrement les rejets au sécateur, installer une barrière anti-rhizomes à la plantation, ou le cultiver en bac profond de 40 à 50 cm.

Le froid et la taille se gèrent ensemble. Après un hiver rigoureux, la partie aérienne gèle parfois, mais la souche repart si le sol est bien protégé. Une taille de rabattage en fin d’hiver, vers mars, à 30 ou 40 cm du sol, stimule la production de nouvelles tiges florifères et maintient un port compact. Quant à l’odeur du feuillage, il suffit d’éviter de le placer juste sous une fenêtre ou au bord d’un coin repas si l’on y est sensible, et de privilégier les variétés graphiques comme le cultivar « Pink Diamond », au feuillage panaché, en fond de massif où son exubérance fait merveille.