Champignons : pourquoi les collectionneurs détestent le faux-lièvre rouge et pourquoi les experts s’en réjouissent

Il ressemble à une belle trouvaille, mais cache souvent une mauvaise surprise. Le faux-lièvre rouge gagne du terrain dans les forêts européennes. Apprécié des experts pour son rôle dans les écosystèmes, ce champignon laisse pourtant les cueilleurs perplexes.

Ce champignon américain qui conquiert l’Allemagne

Originaire d’Amérique du Nord, le faux-lièvre rouge n’est pas une espèce indigène des forêts européennes. Arrivé sur le continent il y a plusieurs décennies, ce champignon s’est progressivement installé dans certains milieux favorables. Il apprécie notamment les sols sableux associés aux pinèdes, comme ceux que l’on trouve largement dans le Brandebourg, selon le Berliner Zeitung.

Sa présence est aujourd’hui particulièrement remarquée dans ces forêts allemandes, où il peut apparaître en nombre sous les pins. Le faux-lièvre rouge est comestible, mais son arrivée ne fait pas l’unanimité parmi les cueilleurs locaux. Pour les spécialistes, sa progression constitue surtout un phénomène à suivre, car cette espèce introduite modifie peu à peu la composition des communautés fongiques.

Pourquoi ces champignons ne sont pas appréciés ?

Le faux-lièvre rouge peut rapidement devenir un champignon peu apprécié des cueilleurs. La raison tient moins à son apparence qu’à son état quand on le récolte. De petites larves, communément appelées asticots, infestent parfois fortement les spécimens trouvés dans la nature et creusent leur chair.

À première vue, le champignon peut pourtant sembler parfaitement présentable. En le coupant, les galeries et les zones dégradées apparaissent parfois sous le chapeau ou dans le pied. Pour les amateurs de cueillette, ces parties rendent alors la récolte nettement moins intéressante. Un champignon comestible peut ainsi finir délaissé simplement parce qu’il est trop abîmé par les larves.

Le faux-lièvre rouge, un atout pour les forêts

Mais pour les experts, ce champignon est une aubaine. Le faux-lièvre rouge s’installe sur les souches, les branches au sol ou le bois mort. Là où certains promeneurs ne voient qu’un champignon inhabituel, il joue pourtant un rôle dans le cycle naturel de la forêt, en participant activement à la décomposition.

Son apparition peut d’ailleurs surprendre, surtout lorsqu’il pousse en nombre sur une vieille souche. Avec sa silhouette peu familière, le faux-lièvre rouge tranche avec les espèces que l’on reconnaît habituellement en forêt. Cependant, sa présence témoigne d’une matière végétale en cours de transformation, indispensable au fonctionnement de l’écosystème forestier.