Crottes de chat au jardin : ne faites plus ce geste « gentil » avec eux, il les fait revenir sans arrêt

Massif fraîchement paillé, semis prometteurs… et, au réveil, de petites crottes de chat en plein milieu. Beaucoup de jardiniers vivent cette scène plusieurs fois par semaine, même après avoir tenté différents répulsifs. On échange alors des astuces sur les réseaux, on cherche la solution miracle pour que les félins du quartier passent leur chemin, sans vraiment savoir quel geste du quotidien entretient le problème.

Au Royaume-Uni, la principale association de protection animale, la RSPCA, s’adresse justement à ces propriétaires excédés dont le jardin ressemble à une litière géante. L’organisation rappelle que les chats ont le droit de circuler librement et que tout moyen de dissuasion doit rester non dangereux. Son message tient pourtant en une consigne très simple, destinée à ceux qui ne veulent plus voir de crottes dans leurs parterres.

RSPCA : le geste à bannir si vous ne voulez plus des chats du voisinage

Beaucoup pensent bien faire en remplissant une gamelle « pour dépanner » le chat du voisin ou un félin errant qui rôde. Ce bol posé au fond du jardin se transforme pourtant en véritable point de rendez-vous. Le conseil de la RSPCA est net : « N’offrez pas de nourriture aux autres chats, car ils auront davantage tendance à revenir ». En pratique, cela revient à dire qu’il faut ne pas nourrir les chats du voisinage si l’on souhaite qu’ils cessent de visiter le jardin.

L’organisation va plus loin en rappelant qu’un repas offert à un chat qui a déjà un foyer peut perturber sa routine. Elle avertit que « nourrir le chat de quelqu’un d’autre peut créer d’autres problèmes, en l’encourageant par exemple à s’éloigner de son propre foyer à l’heure des repas ». Un geste perçu comme généreux du côté du jardinier peut donc déranger à la fois les voisins humains et le propriétaire de l’animal.

Pourquoi nourrir les chats transforme votre jardin en litière

Un chat qui trouve à manger chez vous mémorise très vite l’endroit et y retourne, parfois plusieurs fois par jour. Comme les autres félins repèrent aussi ce point de nourriture, le ballet s’amplifie et les passages se multiplient. Plus il y a de visites, plus votre terrain risque d’être utilisé comme toilette, surtout dans les massifs au sol meuble ou les zones fraîchement travaillées. Retirer la gamelle reste donc la première étape pour retrouver un jardin plus calme.

Une fois la nourriture supprimée, la RSPCA conseille de jouer sur le confort du sol plutôt que sur des produits agressifs. Arbustes plantés serrés, plantes un peu piquantes, petits cailloux ou graviers décoratifs rendent la terre moins agréable à gratter. L’association recommande aussi un sol régulièrement humide, un filet ou un grillage fin posé sur les zones très visées, voire un arroseur à déclenchement automatique. Elle déconseille en revanche les remèdes maison à base de produits chimiques ou de mélanges dont on ignore la toxicité.

En France, nourrir les chats du quartier : ce qui est autorisé et ce qui pose problème

Côté français, le ministère de la Santé a rappelé en 2018 que nourrir un chat errant n’est pas interdit automatiquement. Sa réponse officielle indique que « ces dispositions n’interdisent pas d’attirer les animaux lorsque cette pratique n’est pas cause d’insalubrité ou de gêne ». En clair, le problème commence dès que la gamelle génère nuisances et tensions.

Pour les groupes de chats sans propriétaire, une issue plus durable passe par la collectivité. L’article L211-27 du Code rural autorise le maire à faire capturer les animaux non identifiés vivant en colonie dans les lieux publics, à les faire stériliser et identifier, puis à les relâcher. Signaler ces groupes en mairie ou auprès d’une association permet souvent de lancer cette démarche. Entre retrait de la gamelle, aménagement du sol et recours aux services municipaux, chaque jardinier peut adapter son terrain tout en restant respectueux des félins.

Sources