David Attenborough : le geste simple pour attirer les hérissons au jardin
Voir un hérisson traverser lentement la pelouse au crépuscule fait partie de ces petits moments de magie du jardin. Pourtant, beaucoup de Français n’en aperçoivent plus jamais. Les jardins sont propres, fleuris, bien clos… et les hérissons, eux, semblent avoir disparu. Le naturaliste britannique David Attenborough s’est penché sur ce mystère et avance une explication très simple, liée à nos clôtures.
En plein été, et surtout en juillet, les hérissons d’Europe sont en pleine période de reproduction et de quête de nourriture. Dans un extrait diffusé sur Instagram par la BBC, David Attenborough rappelle qu’un hérisson nocturne peut parcourir un long trajet pour trouver de quoi boire, manger et nicher. Selon lui, un simple aménagement dans le jardin suffit déjà à changer la donne pour ces visiteurs piquants.
Pourquoi les hérissons désertent les jardins clôturés
David Attenborough constate que les hérissons deviennent rares, même s’il souligne que « les zones urbaines sont le seul endroit où leurs effectifs se sont stabilisés et, avec un petit coup de pouce de notre part, on peut espérer qu’ils augmentent ». Problème : nos parcelles sont souvent transformées en petites îles, ceinturées de grillages, de murs et de palissades où aucun passage n’est prévu pour la faune.
Un hérisson doit parcourir plusieurs jardins chaque nuit pour trouver ses 100 g de nourriture environ. « Un hérisson peut manger jusqu’à 100 g de nourriture en une nuit, et cela demande beaucoup de temps pour la rassembler », résume David Attenborough. S’il se heurte partout à des clôtures pleines, il se fatigue, prend des risques sur la route et finit par renoncer.
David Attenborough : créer un passage 13 x 13 cm
Pour redonner de l’espace à ces mammifères, David Attenborough met en avant une idée simple : percer de petits passages à la base des clôtures, ce que les Britanniques appellent des « autoroutes à hérissons ». Il raconte : « Partout à Londres, des propriétaires de jardins percent leurs clôtures, créant des autoroutes à hérissons qui permettent à ces animaux de circuler en sécurité de jardin en jardin », raconte David Attenborough. Relier physiquement les parcelles permet aux hérissons de circuler sans sortir sur la chaussée.
Les associations comme la British Hedgehog Preservation Society ou la RSPCA recommandent une ouverture carrée d’environ 13 x 13 cm. Dans une palissade en bois, on trace ce carré au ras du sol puis on le découpe avec une scie, avant de lisser les bords. Dans un muret, retirer une brique suffit souvent ; dans un grillage rigide, on coupe quelques mailles et on protège les extrémités avec un morceau de tuyau ou un petit cadre.
Un jardin vraiment accueillant pour les hérissons
Un simple trou ne suffit pas toujours à faire venir des hérissons, encore faut‑il qu’ils trouvent sur place de quoi se sentir bien. Les spécialistes réunis autour du programme Hedgehog Street conseillent de laisser des zones un peu sauvages : tas de feuilles, de branches, haies denses qui servent d’abri pour la journée et pour l’hivernage. Une soucoupe d’eau peu profonde, renouvelée souvent, aide aussi ces animaux qui se déshydratent vite par temps chaud.
Limiter les pesticides, les granulés anti-limaces et les filets au ras du sol évite beaucoup d’accidents. Près d’un bassin, une planche rugueuse servant de rampe permet à un hérisson tombé à l’eau de ressortir. Une étude locale citée par l’organisation People’s Trust for Endangered Species a observé environ 40 % de signalements de hérissons en plus dans un quartier où plusieurs voisins avaient créé ces passages.