En septembre, beaucoup de jardiniers voient soudain leur figuier bourdonnant de gros insectes rayés, bien plus imposants que les abeilles. Autour des maisons, le frelon asiatique Vespa velutina profite de la fin de l’été pour multiplier ses allers-retours entre le nid et les sources de nourriture. L’arbre vedette de ce ballet inquiétant reste souvent le figuier, pris d’assaut dès que les fruits commencent à trop mûrir.
Cette ruée n’a rien d’un hasard : elle coïncide avec le moment où les colonies atteignent leur taille maximale et où plusieurs plantes du jardin offrent un véritable buffet sucré. Entre figues éclatées, pommes qui tombent et lierre en fleurs, le moindre coin négligé peut attirer de nombreux frelons asiatiques à quelques mètres de la maison. Un détail du jardin fait alors toute la différence.
Septembre : le pic d’activité du frelon asiatique autour du figuier
À l’automne, le cycle du frelon asiatique arrive à son apogée. Entre septembre et novembre, un nid rassemble en général entre 5 000 et 15 000 individus, certains dépassant 13 000 frelons en octobre. La colonie produit alors les mâles et les futures reines avant de mourir entre novembre et mars, ce qui explique l’impression de nuée tout au long de septembre.
En fait, le figuier fournit exactement ce dont ces milliers d’ouvrières ont besoin pour nourrir la colonie. De juillet à octobre, il produit des figues à peau fine, gorgées de sucre et très riches en énergie. Quand les fruits sont trop mûrs, abîmés ou commencent à fermenter, ils dégagent une odeur très attractive, au point que le figuier devient souvent l’arbre le plus fréquenté du jardin en septembre.
Fruits tombés, autres arbres et lierre grimpant : un jardin truffé d’aimants
Le figuier n’est pas le seul concerné. Les pommiers, poiriers et pruniers attirent aussi les frelons asiatiques quand leurs fruits se fendent sur l’arbre ou tombent au sol. Ce qui compte surtout, ce n’est pas l’espèce de l’arbre, mais l’état des fruits : très mûrs, abîmés ou déjà en fermentation. Dans ces conditions, chaque fruit tombé devient une source de sucre facile d’accès, parfaite pour alimenter une colonie énorme.
Un autre végétal, souvent oublié, joue aussi un rôle clé près des habitations : le lierre grimpant. Sa floraison tardive, de fin septembre à octobre selon les régions, offre une ressource sucrée majeure au moment précis où les colonies sont au maximum. Quand le lierre grimpe le long des murs, des terrasses ou autour des ouvertures, il peut concentrer une forte activité de frelons juste à côté des zones de vie.
Les gestes à adopter près du figuier pour limiter les frelons asiatiques
La recommandation la plus efficace reste pourtant très simple. Il est conseillé de ramasser chaque jour les fruits tombés, fendus ou abîmés, dès la mi-août, sans attendre qu’ils fermentent au sol. Ce nettoyage régulier, complété par la surveillance des figues très mûres et la taille du lierre avant sa floraison près des terrasses, réduit nettement l’attrait du jardin pour les frelons.
Pour limiter l’espèce, la stratégie mise en avant reste le piégeage de printemps, quand sortent les reines fondatrices. Il se pratique pendant une fenêtre d’environ deux mois, entre le 1er février et le 31 mai, dès que la température dépasse 12 °C. Un piégeage d’automne reste possible, à condition d’utiliser des dispositifs très sélectifs afin de ne pas piéger les autres insectes. Le Muséum national d’Histoire naturelle indique d’ailleurs que « un seul nid de frelons asiatiques consomme en moyenne plus de 11 kg d’insectes », dont près de 38 % d’abeilles domestiques et 30 % de mouches ; la destruction d’un nid installé est donc confiée à des professionnels.