Au début de l’été, les rosiers débordent de fleurs, puis, en quelques jours, les pétales tombent et la magie s’estompe. Beaucoup de jardiniers hésitent alors : laisser les tiges telles quelles ou prendre le sécateur pour enlever les têtes fanées ? Derrière ce petit geste se joue pourtant une bonne partie de la future floraison. Et la réponse n’est pas tout à fait la même selon le type de rosier que l’on cultive.
En juin et juillet, la plupart des rosiers modernes atteignent leur apogée, parfois jusqu’à ne plus laisser voir le feuillage. Une fois les fleurs passées, l’aspect se dégrade vite et beaucoup redoutent de faire une erreur en coupant trop court. Pourtant, bien mené, le simple fait de couper les roses fanées peut transformer le massif jusqu’aux premières gelées. À condition de savoir où placer la lame et quand arrêter ce nettoyage.
Pourquoi couper les roses fanées relance le rosier
Lorsqu’on laisse toutes les fleurs fanées sur le rosier, la plante dirige son énergie vers la formation de graines et de fruits. Elle se fatigue, la floraison suivante se raréfie et les tiges se dégarnissent à la base. En retirant régulièrement les fleurs passées, on incite au contraire le rosier à produire de nouveaux boutons, surtout chez les rosiers remontants qui refleurissent plusieurs fois dans la saison. Le buisson reste plus compact, plus feuillu, et la couleur se répartit mieux sur l’ensemble de la plante.
Autre avantage, très concret : les pétales qui restent accrochés par temps de pluie gardent l’humidité et favorisent les maladies fongiques du rosier. En coupant les tiges fanées, on aère le centre de l’arbuste, la lumière circule mieux et les feuilles sèchent plus vite. Ce nettoyage est aussi l’occasion de supprimer au passage les feuilles tachées ou noircies, pour limiter la propagation des champignons. Ce qui vaut pour les rosiers s’applique d’ailleurs à d’autres vivaces généreuses, comme les géraniums ou les pétunias, qui répondent très bien à ce nettoyage de fin de floraison.
Où couper les fleurs fanées du rosier pour une nouvelle floraison
La question clé reste toutefois de savoir où couper exactement. Sur les rosiers modernes à grandes fleurs ou à bouquets, la règle la plus simple consiste à descendre le long de la tige jusqu’à la première feuille comportant cinq folioles, parfois sept ou neuf, et à ignorer les petites feuilles à trois folioles juste sous la fleur. On coupe alors environ 0,5 cm au-dessus de cette feuille, en biais, en orientant la pente à l’opposé du bourgeon. Ce bourgeon, ou oeil, donnera le nouveau rameau porteur de la prochaine nouvelle floraison.
Sur les rosiers à floraison en grappes, on peut dans un premier temps retirer uniquement les petites fleurs brunies, puis raccourcir toute la grappe quand la majorité est fanée. Les variétés dites à floraison continue, comme beaucoup de rosiers paysagers, émettent sans cesse de nouveaux départs sur les côtés : on coupe alors juste au-dessus du jeune rameau qui se prépare. Dans tous les cas, mieux vaut utiliser un sécateur bien affûté et désinfecté, et travailler quand la météo est sèche. Les coupes cicatrisent plus vite et les risques d’infection diminuent nettement.
Adapter la coupe des roses fanées au type de rosier
Pour les rosiers remontants, le principe est simple : on enlève tout ce qui a fané de juin à fin août pour relancer la floraison. Les rosiers non remontants ne fleurissent qu’une fois sur le bois formé l’année précédente. On se contente de raccourcir les tiges défleuries après la floraison.
Les rosiers sauvages et à fruits décoratifs, aux beaux cynorrhodons, font exception : on cesse de supprimer les fleurs fanées dès le début septembre. Pour le reste, on veille surtout à couper quelques millimètres au-dessus du bourgeon choisi, jamais juste dessus ni trop loin.