Faut-il vraiment laisser pousser la pelouse en automne ? Le bon réflexe selon les experts

En automne, la question revient dans beaucoup de jardins : faut-il continuer à sortir la tondeuse ou laisser la pelouse pousser tranquillement en attendant l’hiver ? Entre peur de « mal faire » et envie de soulager son emploi du temps, beaucoup hésitent et observent leur gazon jaunir ou se coucher sous la pluie.

Depuis quelques années, les conseils ont évolué avec des automnes plus doux et la prise en compte de la biodiversité. Certains prônent le repos total de la tondeuse, d’autres une pelouse au cordeau jusqu’aux premières gelées. Entre ces deux extrêmes, les experts du gazon proposent une voie médiane bien plus intéressante.

Laisser pousser la pelouse en automne : trouver la bonne hauteur

Le site Masculin.com rappelle que « Tout d’abord, une herbe non coupée permet une meilleure protection du sol contre les agressions climatiques », écrit Masculin.com dans un article publié le 18 octobre 2024. Une pelouse un peu plus haute sert de couverture isolante, abrite insectes et microfaune, limite l’évaporation de l’eau et, en se décomposant, enrichit le sol en matière organique. Le tout avec moins de passages de tondeuse et donc moins de carburant consommé.

Pour autant, laisser tout pousser librement n’est pas la bonne idée. La plupart des spécialistes recommandent en automne une hauteur de coupe de 5 à 7 cm : plus haute qu’en été pour protéger les racines du froid, mais assez courte pour que les brins restent bien droits et sèchent vite après la pluie. On espace les tontes, on ne les arrête pas brutalement.

Hauteur idéale, maladies du gazon et tonte différenciée

Quand l’herbe devient trop longue et reste humide, les champignons trouvent des conditions rêvées. Masculin.com met en garde contre ces maladies fongiques qui se traduisent par des zones jaunes ou des plaques mortes à regarnir ensuite. Les zones ombragées, qui sèchent mal, sont particulièrement à surveiller avec une hauteur plutôt proche de 5 cm qu’au-dessus de 7 cm.

Pour concilier santé du gazon, esthétique et biodiversité, les experts parlent de tonte différenciée. Les parties très utilisées du jardin restent à 5 ou 6 cm, avec une tonte régulière mais plus espacée, tandis que les bordures et coins peu fréquentés peuvent monter davantage. Des chercheurs à Montréal ont même observé qu’une réduction de la tonte augmentait la diversité des plantes de 70 à 90 % sur certaines pelouses.

Dernière tonte avant l’hiver : le bon réflexe selon les experts

Côté calendrier, les spécialistes rappellent qu’il n’existe pas de date magique. Tant que les températures tournent autour de 10 °C et que la pelouse continue de pousser, un entretien léger reste utile. Le bon signal pour la dernière tonte, c’est plutôt deux semaines sans vraie repousse, combinées à des nuits de plus en plus froides, juste avant les premières gelées marquées.

Pour adopter les bons gestes d’automne, beaucoup d’experts du gazon recommandent :

  • de régler la tondeuse entre 5 et 6 cm, jusqu’à 7 cm maximum dans les régions froides ;
  • de tondre uniquement sur herbe sèche, en ramassant feuilles mortes et débris pour éviter l’étouffement ;
  • d’aérer le sol si la terre est tassée, puis de regarnir les zones clairsemées avec un semis d’automne ;
  • d’apporter un engrais d’automne plus riche en potassium et modéré en azote pour renforcer les racines ;
  • de laisser quelques bandes non tondues ou tondues très haut pour offrir un refuge à la petite faune.