Feuilles mortes au jardin : cette erreur très courante peut vous coûter jusqu’à 50 000 € d’amende

À l’automne, le jardin se couvre de feuilles mortes, les tas s’accumulent au pied des arbres et la question revient : qu’est‑ce qu’on en fait concrètement ? Entre le râteau, la brouette et la biotonne qui déborde déjà, on improvise souvent. Beaucoup se disent que des feuilles, forcément naturelles, ne peuvent pas vraiment poser problème.

Par commodité, on remplit souvent les bacs jusqu’au bord, on brûle un tas au fond du terrain ou on vide discrètement quelques sacs au bord d’un bois. Ces gestes paraissent anodins, surtout quand personne ne se plaint. Pourtant, entre la France et l’Allemagne, une mauvaise élimination des feuilles mortes peut coûter de quelques centaines d’euros à près de 50 000 € d’amende.

Brûler ou abandonner ses feuilles mortes : l’amende peut vite grimper

En France, le Code de l’environnement interdit de brûler ses déchets verts, feuilles comprises. L’article R.541-78 prévoit une contravention de 4e classe, avec amende jusqu’à 750 €, comme l’indique Service-Public.fr, qui précise qu’ »il est interdit de brûler des déchets verts chez soi, que ce soit avec un incinérateur de jardin ou à l’air libre ». L’ADEME et AtmoSud rappellent que ces feux émettent beaucoup de particules fines, au point de représenter en hiver une part importante de la pollution locale.

En Allemagne, le Kreislaufwirtschaftsgesetz a fait disparaître la plupart des feux de feuilles depuis 2015. t-online rappelle que le brûlage de feuilles, de tonte ou de tailles est interdit dans la majorité des communes, en raison des fumées toxiques. Les lois régionales sur les déchets, comme l’Abfallwirtschaftsgesetz du Schleswig-Holstein, autorisent des amendes pouvant atteindre 50 000 € pour les dépôts sauvages les plus graves, même si, pour un simple dépôt de feuilles en lisière de forêt, les montants cités vont plutôt jusqu’à 300 €, voire 2 000 € pour de grosses quantités.

Poubelle, forêt, biotonne : ce qu’il ne faut surtout pas faire avec ses feuilles

Selon la Landwirtschaftskammer Nordrhein-Westfalen, la biotonne n’est même pas la meilleure destination pour tout le feuillage d’automne : sa capacité suffit rarement à absorber l’ensemble des feuilles avec les autres déchets organiques du foyer. Les feuilles ne devraient pas non plus finir systématiquement dans les ordures ménagères, pour la même raison de volume et de saturation des filières. Le Bundesumweltministerium souligne qu’en traitant ces matières comme de simples déchets à éliminer, on prive les sols d’une biomasse utile et on alourdit des filières déjà coûteuses.

Dans le nord du pays, la Stadt Bad Oldesloe a par exemple rappelé, lors d’une campagne contre les dépôts sauvages, que ces plafonds de 50 000 € visent aussi les déchets verts abandonnés en masse. Ces mesures servent à protéger les lisières forestières et les sols.

Bien gérer ses feuilles mortes : des solutions simples et légales

Pour rester dans les clous, le plus simple est d’utiliser le compost. t-online recommande que le tas ne contienne pas plus d’environ 20 % de feuilles, bien mélangées avec gazon tondu, résidus de plantes et petites branches. Les feuilles lentes à se décomposer, comme celles de noyer, de chêne, de marronnier ou de peuplier, devraient être broyées avant. Restes de repas, feuilles malades ou pleines de ravageurs, eux, restent exclus du compost.

On peut aussi laisser une partie des feuilles au jardin. En tas dans un coin abrité, elles offrent un gîte d’hiver aux hérissons, à condition de ne pas remuer avant le printemps. Pour le reste, déchetteries et nouveaux dispositifs de tri des biodéchets mis en place par les communes prennent le relais. Quelques réflexes à adopter :

  • Vérifier le site communal.
  • Noter les collectes.
  • Demander un composteur.

Sources