Feuilles mortes, sacs qui s’empilent, trajets à la déchetterie : l’automne rime avec corvée. Et quand on sait que ces feuilles pourraient enrichir le sol, voir partir cette matière organique frustre un peu. Il existe pourtant une manière plus rapide et plus utile de gérer ce tapis de feuilles.
Le Code de l’environnement interdit le brûlage des déchets verts dans la quasi-totalité des communes, avec des amendes pouvant atteindre 750 euros. Depuis le 1er janvier 2024, la loi anti-gaspillage impose aussi le tri des biodéchets comme les feuilles mortes. Au lieu de sortir des sacs, des jardiniers misent sur un outil qu’ils possèdent déjà pour transformer ce tapis en paillis nourrissant.
Broyer les feuilles mortes avec un coupe-bordure pour faire du paillis
Cet outil, c’est le coupe-bordure, aussi appelé rotofil. Utilisé dans une grande poubelle en plastique, il hache les feuilles en quelques secondes. Le principe est simple : on ratisse d’abord les feuilles en tas, puis on les verse dans la poubelle. On ne la remplit qu’à moitié pour éviter que les morceaux ne soient projetés hors du contenant. Avant de démarrer, on retire les cailloux et petits morceaux de bois qui pourraient abîmer le fil.
Une fois la poubelle remplie, on enfile gants et lunettes de protection, puis on plonge la tête du coupe-bordure dans le bac avant de mettre en marche. Les fils tournent à l’intérieur et réduisent les feuilles en fragments prêts à être utilisés au jardin. L’opération reste peu physique et se fait en quelques minutes par poubelle.
- Un coupe-bordure en bon état, avec un fil adapté.
- Une grande poubelle ou un bac haut en plastique stable.
- Un râteau, des gants solides et des lunettes de protection.
Comment utiliser le paillis de feuilles mortes au potager et au jardin
Une fois broyées, les feuilles deviennent un paillis de feuilles mortes très pratique. Par rapport à des feuilles entières, ces fragments se tassent mieux, tiennent au sol et se décomposent plus vite. Sur les planches vides du potager, on peut en étaler une couche de 5 à 10 cm. Au pied des petits fruits et des vivaces, une couronne d’environ 10 cm protège les racines du froid tout l’hiver.
Autour des fraisiers, une épaisseur plus fine suffit, entre 3 et 5 cm, glissée entre les plants pour limiter les éclaboussures de terre sur le feuillage. Entre les rangs de poireau, de mâche, de chou frisé ou d’ail déjà planté, on dépose les feuilles broyées uniquement sur le sol nu. Sur les semis très fins, on écarte ce paillis deux à trois semaines avant de semer, le temps que la terre se réchauffe un peu.
Compost et terreau : bien utiliser ce broyage
Tout le broyat ne part pas en paillage. Les feuilles broyées servent aussi de matière brune dans le compost : on en garde près du tas et on en ajoute à chaque seau de déchets de cuisine. Le reste se tasse dans un cylindre de grillage, à l’ombre ; au bout d’un à deux ans, on obtient un terreau de feuilles léger, idéal pour semis et rempotages.
Ce procédé reste sûr si l’on respecte des règles. On ratisse les feuilles avant, on les met dans la poubelle sans la remplir, on retire cailloux et bâtons et l’on porte gants et lunettes. On évite d’y mettre les feuilles de laurier-rose ou de laurier-cerise, ainsi que les feuilles malades. Le brûlage des déchets verts étant interdit avec des amendes pouvant atteindre 750 euros, ce broyage offre une façon plus tranquille de gérer ses feuilles mortes.