La sécheresse s’installe, les arrêtés de restrictions d’eau se multiplient et pourtant les légumes continuent d’avoir soif. Au jardin, beaucoup misent sur le goutte-à-goutte pour limiter la corvée d’arrosage, convaincus qu’un simple programmateur au robinet suffira à tout régler. Quand le réseau est mal dimensionné ou que le débit disponible est trop faible, le dernier goutteur se met à goutter à peine et l’on croit à une panne alors que l’eau manque.
Le ministère de la Transition écologique recommande déjà le goutte-à-goutte aux agriculteurs pour économiser l’eau, et Gamm Vert annonce jusqu’à 70 % d’eau économisée par rapport à un arrosage classique, selon le sol et les réglages. Dans les départements touchés par la crise de la Loire, des arrêtés de crise limitent l’irrigation ; la préfecture du Maine-et-Loire précise que les agriculteurs pratiquant une irrigation localisée par goutte-à-goutte peuvent encore arroser sous dérogation et à horaires restreints. Au jardin, la même logique de sobriété s’impose.
Goutte-à-goutte au jardin : un bon débit avant tout programmateur
Un arrosage goutte-à-goutte apporte l’eau lentement au pied des plantes, par des petits distributeurs reliés à un tuyau. Pour qu’il fonctionne bien, la base reste l’alimentation en eau et le dimensionnement des lignes, rappelle le site École d’Agriculture : « Le programmateur vient ensuite : il automatise un réseau bien réglé, mais ne corrige ni une pression insuffisante ni des goutteurs mal placés ».
Le débit nécessaire se calcule simplement : on additionne les débits de tous les goutteurs qui fonctionnent en même temps. Des modèles courants vont de 1 à 8 litres par heure ; 50 goutteurs de 2 l/h demandent 100 l/h et distribuent 50 litres en une demi-heure. Le diamètre du tuyau joue aussi : pour un polyéthylène de 16 mm, un repère souvent donné est 600 l/h.
Mesurer le débit disponible au robinet pour le goutte-à-goutte
Avant d’acheter un programmateur, il faut connaître le débit réel du robinet qui alimentera le réseau. La méthode la plus simple consiste à chronométrer le remplissage d’un seau de 10 litres. École d’Agriculture propose de diviser 36 000 par le temps mesuré en secondes pour obtenir les litres par heure : un seau rempli en 30 secondes correspond à 1 200 l/h. L’idéal est de refaire le test plusieurs fois, aux heures où le quartier consomme le plus.
Pour la pression, les guides d’arrosage distinguent une pression « statique » à l’arrêt et une pression « dynamique » quand l’eau coule. C’est cette dernière qui intéresse le goutte-à-goutte, car les filtres, la longueur des tuyaux, les coudes et le dénivelé provoquent des pertes de charge. Beaucoup de spécialistes conseillent de ne pas utiliser plus d’environ les trois quarts du débit mesuré, afin de garder une marge pour ces pertes et pour d’éventuelles extensions du réseau.
Adapter votre réseau de goutte-à-goutte et choisir un programmateur compatible
Une fois le débit disponible connu, il reste à calculer ce que demande le réseau. On additionne tous les goutteurs qui fonctionnent en même temps : 30 tomates avec des goutteurs de 2 l/h et 20 fraisiers avec des goutteurs de 1 l/h demandent 80 l/h. Si ce total dépasse les trois quarts du débit mesuré au seau, mieux vaut créer deux secteurs avec des vannes ou raccourcir les lignes, surtout si les dernières sorties faiblissent.
Reste à vérifier que le programmateur suit. Une fiche technique Rain Bird pour programmateur de robinet indique, par exemple, une pression minimale de 1 bar et un débit minimal de 162 l/h. Certains modèles prévus pour les récupérateurs d’eau de pluie acceptent une pression très faible, mais toujours dans une plage de débit précisée par le fabricant. Avant l’achat, trois points méritent un rapide contrôle :
- Débit mesuré au robinet.
- Débit total demandé par les goutteurs.
- Plage de débit et de pression du programmateur.