Hérissons en hiver : ce geste simple les aide vraiment à mieux résister au froid

Hiver après hiver, des milliers de petits hérissons se blottissent au fond des jardins français sans que personne ne les voie. Quand le thermomètre chute, beaucoup de propriétaires se demandent comment les aider, sans les déranger ni faire de bêtise. Le sujet revient chaque année, porté par les associations de protection de la faune sauvage.

À partir d’octobre, le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) entre en hibernation jusqu’en avril, mais son sommeil reste entrecoupé. Tous les dix jours environ, il se réveille, affamé, et sort fouiller le jardin alors que les insectes se font rares. Pendant ces mois glacés, il peut perdre jusqu’à 40 % de son poids, une ponction énorme pour un si petit animal. Une simple attention au bon endroit peut vraiment changer son hiver. Et ce geste ne prend que quelques secondes.

Pourquoi ce geste aide vraiment les hérissons en hiver

Lorsque la température baisse, le métabolisme du hérisson ralentit pour économiser son énergie. À partir d’octobre, il s’est mis à l’abri, mais chaque réveil lui coûte cher : son organisme doit remonter en température, il brûle alors beaucoup de réserves. Si aucune proie n’est disponible dans le jardin, il n’a d’autre choix que de puiser encore dans sa graisse. De nombreux individus ressortent du froid très amaigris, plus fragiles.

Laisser à disposition une coupelle d’eau peu profonde et propre, accompagnée d’un petit apport de nourriture, vient compenser ces sorties épuisantes. Le hérisson qui traverse votre pelouse au cœur de la nuit tombe alors sur cette ressource facile, boit, mange quelques bouchées, puis retourne se blottir sans avoir trop entamé ses réserves. Ce n’est pas un nourrissage intensif, plutôt un coup de pouce ponctuel qui l’aide à mieux encaisser les vagues de froid. Pour un animal aussi léger, chaque gramme épargné augmente ses chances de revoir le printemps.

Comment aider les hérissons en hiver avec eau et nourriture adaptées

La base reste l’eau. Une petite coupelle large et très peu profonde, remplie d’eau fraîche, suffit souvent à aider les hérissons en hiver. Les associations conseillent de la placer près d’une haie ou d’un tas de feuilles, à l’abri des chiens et du passage. Mieux vaut éviter les récipients hauts ou glissants, qui augmentent le risque de noyade, et changer l’eau régulièrement pour limiter les bactéries. En période de gel, casser la glace ou replacer une coupelle tiède devient un vrai geste de survie.

Pour la nourriture, les spécialistes recommandent une petite poignée de croquettes pour chat, riches en protéines, déposée le soir dans une gamelle lourde que le hérisson atteint facilement. On peut ajouter quelques dés de pomme ou de poire, et un peu d’arachides non salées, concassées. Il faut en revanche bannir le lait, que le hérisson digère très mal, ainsi que les restes de table gras, salés ou épicés, et éviter de remplir la gamelle tous les soirs pour ne pas le rendre dépendant.

Un abri et un jardin accueillant pour mieux les protéger du froid

Au delà de la gamelle, le meilleur bouclier du hérisson contre le froid reste l’endroit où il se cache. Dans la nature, il affectionne les tas de feuilles mortes, de branches ou de compost, qui forment un abri de feuilles mortes bien isolé. Le Muséum national d’Histoire naturelle décrit des abris très simples, en forme de petit tas de bois rempli de feuilles, installés dans un coin tranquille du jardin.

Reste enfin l’environnement du jardin. Les pesticides, en particulier les produits anti-limaces, réduisent fortement les proies du hérisson et peuvent aussi l’empoisonner ; les associations comme Natagora ou La Salamandre conseillent donc de s’en passer. Avant d’utiliser une tondeuse ou un taille-haie, un rapide coup d’œil sous les tas de feuilles ou dans l’herbe haute évite bien des blessures. En retour, ce petit insectivore aide à réguler limaces, escargots et certains insectes, de quoi donner envie de lui offrir tous les hivers ce précieux coup de main discret.

Sources