Pelouse compacte, herbe qui dépasse la cheville, tondeuse qui cale et bourre à chaque mètre… Pour nombre de jardiniers, la première tonte d’une saison ou d’une période pluvieuse tourne au bras de fer. On force, on repasse plusieurs fois au même endroit, et le résultat reste irrégulier, avec des plaques jaunies. Pourtant il existe une méthode simple, inspirée des terrains de sport, pour dompter cette masse verte.
Cette technique, appelée méthode de tonte croisée, consiste à couper la pelouse en deux passages perpendiculaires, avec une hauteur de coupe différente. Elle est très utilisée dans les pays anglo-saxons car elle ménage le gazon et la machine. Le principe repose aussi sur la règle du tiers : ne jamais retirer plus d’un tiers de la longueur du brin à chaque tonte. Un détail en apparence, qui change tout sur une pelouse épaisse.
Méthode de tonte croisée : le principe des deux passages perpendiculaires
Concrètement, la tonte croisée se fait en deux temps. Le premier passage se réalise avec le plateau de la tondeuse réglé sur sa position la plus haute, ou l’une des plus hautes. On tond alors en lignes droites parallèles, par exemple du nord au sud, en avançant lentement dans l’herbe dense pour laisser aux lames le temps de couper proprement sans arracher les touffes ni fatiguer les racines.
Le second passage se fait après avoir abaissé le plateau d’un ou deux crans, en tondant cette fois à quatre-vingt-dix degrés du premier sens, par exemple d’est en ouest. Ce croisement permet de relever puis couper les brins couchés lors du premier passage, pour obtenir une hauteur régulière. Si la pelouse était très haute au départ ou si la tondeuse a peiné, mieux vaut attendre trois à cinq jours avant ce second passage plus ras.
Pourquoi la tonte croisée facilite la coupe d’une pelouse dense
Sur une pelouse dense, tondre toujours dans le même sens finit par coucher les brins dans une seule direction. Le gazon pousse alors légèrement incliné, paraît fatigué et accroche moins bien la lumière. En alternant les axes de tonte, la méthode croisée réhabitue les brins à pousser plus droits et homogènes. Le rendu visuel gagne en uniformité, tout en limitant les zones où l’herbe semble aplatie ou marquée par les roues.
Autre intérêt, le poids de la tondeuse ne suit plus exactement les mêmes traces à chaque passage. Les roues ne marquent pas toujours les mêmes bandes, ce qui réduit peu à peu la compaction du sol et laisse aux racines un meilleur accès à l’eau et aux éléments nutritifs. La tonte croisée dessine aussi un motif en damier très net, apprécié pour son effet « gazon de stade » sur une grande surface.
Appliquer la méthode de tonte croisée pas à pas, sans se fatiguer
Pour profiter de cet effet sans y passer le week-end, mieux vaut préparer la séance. On commence par vérifier que les lames sont affûtées, car des lames émoussées déchirent l’herbe au lieu de la couper et fatiguent le moteur. Les spécialistes recommandent un affûtage toutes les vingt à vingt-cinq heures d’usage. On règle ensuite la tondeuse au plus haut et l’on tond sur herbe sèche, en lignes droites qui se chevauchent légèrement.
Après ce premier passage, on évalue la hauteur : si plus d’un tiers de la longueur a disparu, on s’arrête là et on attend quelques jours de repousse avant de redescendre. Sinon, on peut enchaîner avec le second passage perpendiculaire, plateau abaissé d’un ou deux niveaux. Pour rendre l’opération fluide et épargner la machine, quelques réflexes simples font la différence et allègent vraiment la tonte sur gazon épais.