« Quand les hirondelles volent à terre, adieu la poussière. » Cette phrase ancienne n’a rien perdu de son pouvoir évocateur. Elle fait partie de ces dictons que l’on entend encore aujourd’hui, surtout lorsque la météo change. Mais pourquoi les hirondelles occupent-elles une telle place dans les observations du monde paysan ?
Hirondelles : 5 espèces vivent en France
On les reconnaît au premier coup d’œil : les hirondelles traversent le ciel à toute vitesse, avec leurs ailes fines et leur queue fourchue. Cinq espèces sont présentes en France, selon la LPO. Les hirondelles rustique, de fenêtre et de rivage sont les plus courantes, tandis que l’hirondelle de rocher et la rousseline sont beaucoup plus discrètes.
Leur mode de vie diffère. La rustique s’installe dans les bâtiments agricoles et peut avoir deux pontes. La fenêtre construit son nid sous les avant-toits, tandis que la rivage creuse le sien dans les berges sableuses. Cependant, toutes chassent des insectes en vol. En automne, elles gagnent l’Afrique avant de revenir au printemps pour se reproduire.
Dicton : ce que le vol des hirondelles annonçait aux paysans
Mais l’une des caractéristiques de ces oiseaux migrateurs, c’est leur popularité. À tel point qu’ils faisaient office de baromètre pour les travaux des champs. Les paysans observaient leur vol pour deviner le temps à venir. « Quand les hirondelles volent à terre, adieu la poussière » résume cette ancienne observation.
L’expression s’explique simplement : lorsque les hirondelles volent bas, le dicton paysan y voit un signe de pluie, d’après Loïc Bance sur Canal Blog. Et quand les gouttes arrivent, la poussière ne vole plus mais reste au sol. En août, ce proverbe peut donc annoncer un temps plus humide, même s’il ne permet évidemment pas de prévoir avec certitude l’arrivée d’une averse ou d’un épisode pluvieux.
Pourquoi ces oiseaux familiers se font-ils plus rares ?
Même si ces oiseaux sont encore bien présents dans les adages, aujourd’hui, les hirondelles se font de plus en plus rares dans nos contrées, au même titre que les martinets. En France, elles bénéficient d’une protection légale stricte. Il est interdit de détruire leurs nids, de capturer ces oiseaux ou de les déranger, notamment pendant leur période de reproduction. Les sanctions sont lourdes.
Les bâtiments leur offrent aussi de moins en moins de possibilités pour construire leurs nids. Les rénovations, les façades lisses et la disparition des constructions anciennes réduisent les endroits où elles peuvent s’installer. En dix ans, les hirondelles de fenêtre ont vu leurs populations diminuer de plus de 30 %, contre plus de 40 % pour les hirondelles rustiques, comme le souligne la LPO.