Les factures d’électricité grimpent, le prix de la lessive suit, et chaque lavage finit par peser sur le budget. Beaucoup fouillent les rayons pour trouver une lessive moins chère ou un adoucissant miracle, alors qu’une partie de la solution se cache déjà sur la façade de leur lave-linge, sur un bouton que l’on touche rarement. Et il ne s’agit ni d’un programme secret ni d’une technologie nouvelle.
Des experts du linge rappellent que la partie la plus chère d’une lessive n’est pas toujours le lavage, mais le séchage, surtout au sèche-linge. En jouant simplement sur la vitesse d’essorage, on peut faire sortir beaucoup plus d’eau du tambour, donc raccourcir le passage au sèche-linge… ou sur l’étendoir. Ce réglage d’essorage grande vitesse, souvent laissé par défaut, mérite clairement qu’on s’y intéresse de plus près.
Essorage grande vitesse : pourquoi ce bouton fait vraiment baisser la note
Quand le tambour tourne très vite, la force centrifuge plaque le linge contre la paroi et chasse l’eau par les petits trous vers le tuyau d’évacuation. Plus la vitesse est élevée, plus la machine extrait d’eau avant le séchage. « Un cycle d’essorage à plus grande vitesse peut raccourcir le temps de séchage en retirant davantage d’eau des vêtements avant qu’ils n’entrent dans le sèche-linge », explique Glenn Lewis, président de Mr. Appliance, avant d’ajouter : « Cela signifie que le sèche-linge a moins d’humidité à éliminer, ce qui peut réduire le temps de séchage et la consommation d’énergie ».
Pour le portefeuille, le calcul est simple : chauffer de l’air pour faire évaporer l’eau coûte bien plus cher que la faire sortir mécaniquement du linge. « La résistance chauffante d’un sèche-linge électrique utilise plus d’énergie que le moteur d’essorage d’un lave-linge », souligne encore Glenn Lewis. Autrement dit, faire tourner un essorage plus rapide consomme un peu sur le lave-linge, mais vous économise beaucoup sur le sèche-linge, voire sur le temps de séchage à l’air libre.
Bien utiliser l’essorage grande vitesse sans abîmer la machine ni le linge
Sur la plupart des machines récentes, la vitesse d’essorage se règle via un bouton « Essorage » ou directement en tours par minute. Il suffit souvent de choisir la vitesse la plus élevée proposée pour le coton quand on prévoit d’utiliser le sèche-linge. « Une surcharge ou des charges déséquilibrées peuvent aussi provoquer des vibrations excessives et exercer une contrainte supplémentaire sur le lave-linge », prévient Glenn Lewis. Mieux vaut donc remplir sans tasser, répartir le linge et laisser la machine ajuster sa vitesse. Pour les très petites pièces, un sac de lavage limite aussi les blocages, et les vitesses prévues par le constructeur restent supportables si les charges sont bien réparties.
Tout ne doit pas passer en essorage maximal. « Il faut mettre l’essorage grande vitesse en pause (et rester sur un cycle doux) pour certains textiles », conseille Kim Romine, spécialiste des soins des textiles chez Procter et Gamble. Elle recommande de rester sur un essorage faible pour les catégories suivantes :
- Vêtements portant la mention « délicat » ou « lavage à la main ».
- Tissus qui se détendent ou se déforment facilement, comme certaines mailles.
- Pièces structurées fragiles (robes plissées, soutiens-gorge à armatures, lingerie fine).
Entretenir son lave-linge pour garder un essorage efficace et économique
Un bon essorage commence par quelques gestes simples à chaque machine. Le ministère de la Transition écologique recommande de respecter la capacité de charge indiquée pour éviter de fatiguer l’axe du tambour et les roulements, et de bien doser la lessive pour ne pas encrasser les tuyaux et le bac. Vider les poches, vérifier le tambour et laisser le hublot entrouvert après le cycle limitent aussi les mauvaises odeurs et le vieillissement du joint.
Une fois par mois, un cycle à haute température aide à nettoyer l’intérieur et les tuyaux. Le site Epargnons nos ressources recommande aussi de nettoyer le filtre, le bac, le joint et les tuyaux.