Maison pleine de courants d’air : ce bricolage avec ces boîtes de resto en polystyrène séduit… mais inquiète les experts

Les premiers matins froids arrivent, la maison se refroidit, et tout à coup on sent des filets d’air glisser le long des murs, des fenêtres ou des prises. Dans les logements anciens, l’isolant a parfois vieilli, les joints ont rétréci, et ces petits défauts finissent par coûter cher sur la facture de chauffage.

Sur les réseaux, un « hack » circule : réutiliser les **boîtes à emporter en polystyrène** pour boucher les trous et calfeutrer les zones qui laissent passer l’air. On découpe les barquettes, on les glisse dans les fentes autour d’une prise ou d’une plinthe, et l’on espère gagner quelques degrés gratuitement. Ce bricolage improvisé est-il aussi inoffensif qu’il en a l’air ?

Boîtes à emporter en polystyrène : pourquoi ce hack anti courants d’air séduit

Le **polystyrène** isole bien du froid, tout le monde ou presque le sait. Dans le bâtiment, il existe des panneaux rigides spécialement fabriqués pour l’isolation des murs et des toitures. Le chimiste DuPont rappelle d’ailleurs que sa marque Styrofoam désigne ces panneaux d’isolation, et non les gobelets ou boîtes alimentaires en mousse utilisés pour la vente à emporter.

Selon un article de *House Digest* publié en septembre 2025, les zones les plus souvent touchées par les **courants d’air** sont les fenêtres, les portes, les prises électriques et les plinthes. Quand on découvre plusieurs fuites, l’idée de découper une barquette en mousse pour remplir un trou dans le mur paraît logique : le matériau est gratuit, facile à tailler, et l’on espère éviter des travaux d’isolation plus lourds qui peuvent coûter « un couple thousand dollars », soit environ 2 000 dollars (autour de 1 850 €).

Incendie, toxiques, confusion sur le Styrofoam : ce que l’on oublie souvent

Dans la construction, les isolants en polystyrène sont traités avec des **retardateurs de flamme** et mis en oeuvre selon des règles précises. Rien de tel pour les boîtes alimentaires. Beaucoup ne sont même pas prévues pour passer au micro-ondes : elles peuvent ramollir, fondre, voire s’enflammer au contact d’une forte chaleur. Même les contenants annoncés « compatibles micro-ondes » ne sont pas conçus pour être découpés, comprimés et coincés près de câbles électriques ou de points chauds. L’étiquette ne signifie pas « résistant au feu » dans un mur.

Autre sujet de préoccupation, la chimie du matériau. Ces boîtes sont fabriquées à partir de **styrène**, un composant du polystyrène. Le National Toxicology Program le classe comme « raisonnablement présumé être cancérogène pour l’être humain ». Des études citées par *House Digest* rappellent que le styrène peut migrer hors de la mousse à n’importe quelle température. L’article résume d’ailleurs ce bricolage en une phrase claire : « ce n’est pas une solution sûre à long terme ». En urgence, pour une nuit, certains y voient un pis-aller, mais l’utiliser comme isolant permanent expose la maison et ses occupants à des risques inutiles.

Des alternatives DIY sûres pour isoler une maison pleine de courants d’air

Plutôt que de remplir les cavités avec des déchets de barquettes, les guides de rénovation recommandent des produits pensés pour l’habitat. Les mousses expansives en bombe, prévues pour l’intérieur, commencent autour de 4,48 dollars, soit environ 4,20 €, dans des enseignes comme Home Depot. Un petit investissement qui peut être compensé par la baisse de la consommation de chauffage et par un meilleur confort.

Pour aller au plus simple, plusieurs solutions existent selon la zone à traiter :

  • Prises et interrupteurs : poser des joints en mousse prédécoupés (foam outlet gaskets) derrière chaque plaque de finition puis revisser, ce qui limite nettement les infiltrations.
  • Fissures et petits trous : utiliser une **mousse expansive** en bombe adaptée à l’usage intérieur pour combler les vides autour des tuyaux, câbles ou montants, en respectant les consignes du fabricant.
  • Contour des fenêtres et portes : compléter par des joints de calfeutrage et, si l’accès le permet, une mousse isolante dans les espaces entre cadre et mur.