Votre chat vous tourne le dos quand vous rentrez, l’air parfaitement indifférent, mais vous avez l’impression qu’il savait déjà que c’était vous derrière la porte. Une équipe japonaise vient de montrer que ce n’est pas une simple impression : votre odeur lui donne l’information bien avant votre visage ou votre voix. Publiée le 28 mai 2025 dans la revue scientifique PLOS ONE, l’étude menée à la Tokyo University of Agriculture détaille comment le chat utilise l’odeur corporelle humaine pour faire la différence entre son propriétaire et un inconnu. Les chercheurs ont mesuré ce que l’on appelle le **temps de reniflage**, et les chiffres racontent une histoire très claire.
Une expérience japonaise sur l’odeur corporelle et le chat domestique
Pour tester si un chat reconnaît son propriétaire à l’odeur, les scientifiques ont travaillé avec 30 chats vivant en intérieur, chacun associé à un humain de référence. Ils ont recueilli des échantillons d’odeur corporelle sous les aisselles, derrière les oreilles et entre les orteils des propriétaires, puis les mêmes types d’échantillons chez des personnes totalement inconnues pour les animaux. Un tube « blanc » sans odeur servait de contrôle.
Chaque chat était ensuite placé face à ces tubes, présentés un par un. Les chercheurs ont filmé les séances et chronométré en secondes le temps que l’animal passait le nez collé au coton-tige. Ils ont observé non seulement combien de temps le chat reniflait chaque odeur, mais aussi quelle narine se trouvait le plus près du tube, afin d’étudier la « latéralisation olfactive ».
Comment le chat reconnaît son propriétaire à l’odeur, chiffres à l’appui
Les résultats chiffrés sont parlants : en moyenne, les chats ont reniflé l’odeur de l’inconnu pendant 4,82 secondes, contre 2,40 secondes pour celle de leur propriétaire, et 1,93 seconde pour le tube sans odeur mesurable. Face à une odeur familière, l’animal semble identifier rapidement la source, puis perdre tout intérêt, ce qui suggère une reconnaissance rapide de l’humain associé à cette odeur.
À l’inverse, l’odeur inconnue déclenche une exploration plus longue, comme si le chat collectait des informations sur un individu nouveau dans son environnement. Les auteurs rapprochent ce comportement de ce qui se passe entre félins : frottements de joues, marquage et toilettage servent déjà à gérer un cercle social intime. L’odeur du propriétaire entrerait dans ce même registre, ce qui place l’humain au rang de membre du groupe pour l’animal.
Narines, limites de l’étude et petites scènes à observer avec votre chat
L’équipe a repéré un autre détail intriguant : face à une odeur nouvelle, les chats tendaient à utiliser d’abord la narine droite, puis leur reniflage se rééquilibrait une fois l’odeur devenue plus familière. Pour les odeurs connues dès le départ, la narine gauche intervenait davantage. Des travaux chez le chien vont dans le même sens et certains chercheurs suggèrent un partage des tâches entre les deux hémisphères du cerveau, même si cette interprétation reste prudente, comme le rappelle par exemple le spécialiste Hidehiko Uchiyama cité dans la presse scientifique.
L’étude ne dit pas que le chat peut reconnaître n’importe quel individu uniquement à son odeur, dans toutes les situations. Elle montre surtout une discrimination nette entre odeur familière et odeur inconnue, sur un échantillon limité de 30 animaux et dans un cadre contrôlé. Chez vous, cette clé de lecture « nouveau ou connu » aide déjà à comprendre plusieurs scènes du quotidien :
- quand un invité arrive, votre chat peut renifler longuement son pantalon ou ses chaussures avant de garder ses distances ou de s’en approcher ;
- après une absence, il peut inspecter votre sac ou vos baskets, puis se frotter contre vous une fois rassuré ;
- face à un vêtement que vous portez souvent, l’animal le renifle brièvement puis l’ignore, comme un élément parfaitement intégré à son univers.