Pas les feuilles mortes : ces déchets de vos plantes d’intérieur dopent votre compost si vous ne les jetez plus

Quand on parle de compost, on pense tout de suite feuilles mortes, tontes de gazon et épluchures de cuisine. Pendant ce temps, un autre déchet végétal s’accumule discrètement dans nos maisons, finit à la poubelle et part en décharge, alors que près d’un quart des ordures qui y arrivent sont des matières organiques valorisables. Un vrai gâchis pour le jardin.

Ce déchet oublié, ce sont les tailles de plantes d’intérieur : feuilles sèches de monstera, lianes de pothos, frondes de fougère ou tiges de philodendron coupées au sécateur. Des guides de compostage et des articles de Maison et Travaux rappellent que fleurs fanées et plantes d’intérieur figurent parmi les biodéchets autorisés au compost. Encore faut-il savoir comment les utiliser sans créer de problème dans le bac…

Pourquoi les déchets de plantes d’intérieur dopent votre compost

Au jardin, l’objectif d’un bon compost de jardin reste toujours le même : nourrir le sol tout en allégeant la poubelle. « Incorporer de la matière organique est l’une des meilleures façons d’apporter de nombreux nutriments nécessaires aux plantes, dont l’azote », explique Aaron Steil, spécialiste en horticulture cité par Martha Stewart, avant de rappeler : « Le compost a en plus l’avantage d’améliorer la structure du sol, en laissant plus de place à l’eau et à l’air, ce qui favorise un enracinement sain ». Chaque poignée de tailles de plantes d’intérieur renvoyée au compost va dans ce sens.

Ces déchets comptent dans les matières « vertes » quand ils sont frais et souples, riches en azote, et dans les matières « brunes » lorsqu’il s’agit de feuilles sèches et croustillantes chargées en carbone. En les associant à des feuilles mortes, du carton brun déchiré ou un peu de broyat, on approche le ratio conseillé par les guides : environ 60 à 70 % de « verts » pour 30 à 40 % de « bruns », ou plus simplement deux tiers de matières sèches pour un tiers de déchets humides. Ce mélange limite les odeurs et favorise une décomposition régulière.

Quels déchets de plantes d’intérieur mettre au compost, et comment les préparer

Dans la pratique, la plupart des tailles de plantes d’intérieur saines peuvent rejoindre le tas : feuilles entières ou découpées, tiges tendres, petites lianes, fleurs fanées, restes de rempotage sans maladie visible. Comme le souligne un article de House Digest, ces résidus se comportent comme n’importe quel autre déchet de jardin, à condition qu’ils soient propres et exempts de parasites. Avant de les jeter dans le bac, un coup d’œil rapide sur les deux faces des feuilles et le long des tiges permet d’écarter celles qui semblent douteuses.

Pour accélérer la décomposition, mieux vaut couper les grandes feuilles et les longues tiges en petits morceaux. De longues lianes intactes ont tendance à s’emmêler et à compacter le tas, là où des sections de 5 à 10 cm offrent plus de surface de contact aux micro-organismes. On enfouit ensuite ces déchets au cœur du tas, mélangés à des matières brunes. Un bac qui devient visqueux ou malodorant signale souvent un excès de « verts » : il suffit alors d’ajouter du carton ou des feuilles mortes. En revanche, on évite toujours viande, poisson, graisses et produits laitiers, qui, comme l’ont montré des tests de compost domestique, provoquent fermentations, mauvaises odeurs, rats et bactéries indésirables.

Les erreurs à éviter avec les tailles de plantes d’intérieur au compost

Les tailles de plantes d’intérieur ne doivent rejoindre le compost domestique que si elles sont en bonne santé. Feuilles tachetées, tiges moisies ou plantes couvertes de cochenilles ont intérêt à finir à la poubelle résiduelle. La plupart des bacs de jardin fonctionnent en « compost froid », loin des 57 °C environ nécessaires pour neutraliser durablement champignons et bactéries. « Si votre compost ne chauffe pas, les yeux vont probablement germer », prévient le jardinier Tony O’Neill via AOL à propos des pommes de terre, rappel utile qu’un tas trop tiède peut laisser survivre pathogènes et tissus encore viables.

Même prudence pour les plantes récemment traitées avec des pesticides, insecticides systémiques ou fongicides durables : les résidus peuvent se retrouver dans le compost mûr puis au potager. Dans le doute, mieux vaut ne pas les intégrer. Pour limiter aussi tout risque de repousse, on coupe finement les morceaux, on les mélange à d’autres biodéchets et on les enfouit au centre du tas, qui doit rester aéré et humide comme une éponge essorée. En appartement, un lombricomposteur accepte de petites quantités de ces déchets végétaux sains, offrant une autre façon de transformer vos gestes de taille en ressource fertile, même sans jardin.

Sources