La scène se répète chaque été : au marché, certains remplissent leur panier de grosses pastèques rayées, pleines de gros pépins noirs, quand d’autres filent droit vers les formats bien ronds, estampillés « sans pépins ». Par habitude, on choisit souvent pour la praticité. On finit aussi par recracher ou jeter les graines sans y penser. Pourtant, ce petit geste change plus de choses qu’on ne l’imagine.
Pour trancher entre pastèque avec pépins et pastèque sans pépins, deux questions reviennent : ont‑elles vraiment un goût différent, et l’une est‑elle meilleure pour la santé que l’autre ? Les études nutritionnelles montrent que la chair reste très proche. En réalité, l’écart le plus intéressant se joue du côté des grains noirs que l’on écarte du bout des doigts. Et là, les surprises commencent.
Pastèque avec ou sans pépins : ce qui change pour la santé
Côté chair, une pastèque de l’espèce Citrullus lanatus, qu’elle soit à graines ou triploïde « sans pépins », apporte environ 30 kilocalories pour 100 grammes, un peu plus de 6 grammes de sucres, autour de 0,6 gramme de protéines et 0,4 gramme de fibres. Elle reste surtout une bombe d’hydratation et une source de lycopène, un antioxydant étudié pour la protection cardiovasculaire.
Les graines de pastèque, elles, concentrent bien plus de nutriments. Une poignée de pépins apporte environ 8 grammes de protéines, 146 milligrammes de magnésium et près de 3 milligrammes de zinc, selon des données de l’USDA. Un site de naturopathie rappelle aussi leur richesse en fibres et en vitamines B et C, utiles au métabolisme énergétique.
Pastèque avec pépins ou sans pépins : le goût vient surtout de la variété
Sur le plan gustatif, les spécialistes du CTIFL décrivent une texture et une sucrosité très proches entre pastèques avec ou sans graines. Le différentiel ressenti par les consommateurs tient surtout à la variété, au degré de maturité et à la fraîcheur. Certains producteurs valorisent ainsi des variétés anciennes à pépins, jugées plus aromatiques, quand d’autres misent sur des hybrides sans pépins très sucrés, sélectionnés pour plaire au plus grand nombre.
Reste la question de l’origine des pastèques sans graines. Ces fruits sont issus de croisements entre plantes diploïdes et tétraploïdes qui donnent une pastèque triploïde, stérile, produisant surtout de petits téguments blancs au lieu de gros noyaux noirs. Les organismes professionnels rappellent qu’il ne s’agit pas d’OGM au sens de la modification génétique en laboratoire, mais d’hybridations et de sélection variétale menées depuis des décennies.
Comment utiliser les pépins de pastèque et laquelle choisir en priorité
La sécurité intrigue souvent les parents. Les pépins de pastèque ne contiennent pas d’amygdaline productrice de cyanure, contrairement à ceux de pomme, rappelle un article santé qui s’adresse aux familles. Ils peuvent gêner la digestion en grande quantité chez les jeunes enfants, mais ne sont pas toxiques. La naturopathe Irène Lorient rassure d’ailleurs ses lecteurs : « A partir de maintenant, vous n’aurez plus peur d’avaler les pépins de pastèque ! ».
- Les croquer en même temps que la chair, surtout les petits pépins blancs plus tendres.
- Les faire sécher ou torréfier à la poêle et les servir à l’apéritif comme des graines de tournesol.
Au moment de choisir en rayon, tout dépend donc de votre priorité. Pour le côté pratique, les enfants qui détestent trier et les grandes salades de fruits, la pastèque sans pépins garde tout son intérêt nutritionnels avec sensiblement les mêmes bienfaits, avec une chair très proche sur le plan nutritionnel. Si vous aimez grignoter les graines ou les cuisiner, une pastèque à gros pépins noirs vous offre en plus un petit bonus en protéines et minéraux, sans rien gâcher.