Des gouttes collantes sur la terrasse, des feuilles de hêtre qui brunissent et s’enroulent : au printemps, beaucoup de jardiniers découvrent ce spectacle sans trop comprendre. La haie qui devait rester bien verte salit la voiture et le salon de jardin, et l’on craint de voir les jeunes arbres dépérir.
Le responsable est souvent le puceron du hêtre, ou Phyllaphis fagi, un petit insecte piqueur qui aime les jeunes feuilles des hêtres rouges et pourpres. Il produit miellat et filaments blancs, et peut freiner la croissance des sujets encore jeunes. Reste à savoir comment l’identifier vite et quelles armes naturelles utiliser au jardin.
Puceron du hêtre : bien le reconnaître sur vos arbres
Ce puceron laineux s’attaque surtout aux hêtres rouges et pourpres en haie, alors que les charmes ne sont pas touchés. À partir de mai ou juin, il colonise la face inférieure des jeunes feuilles, le long de la nervure centrale. Chaque individu mesure environ deux à trois millimètres et apparaît vert jaunâtre.
Les colonies s’entourent de fins filaments cireux blancs, donnant un aspect cotonneux aux feuilles. Les insectes sécrètent beaucoup de miellat, qui rend la surface collante avant que les feuilles ne se recourbent, brunissent puis sèchent. Sur les jeunes hêtres, la croissance peut être perturbée. En cas de forte attaque, on peut tailler les rameaux les plus atteints et les jeter en sac fermé, ou décrocher les pucerons au jet d’eau.
Perce-oreilles, soucis et coccinelles : des alliés précieux
Pour limiter durablement le puceron du hêtre, miser sur ses prédateurs reste efficace. Larves de syrphes, chrysopes, petites guêpes parasites et surtout coccinelles dévorent les pucerons. Des bandes fleuries près de la haie et un hôtel à insectes favorisent leur présence. Les soucis, très mis en avant par Mon Jardin Ma Maison de Maison et Travaux, jouent aussi ce rôle. « C’est une plante que moi je conseille dans son potager », explique un intervenant à France Bleu. Il précise : « car elle a une odeur quand même un peu particulière, donc elle va faire fuir toutes ces petites bébêtes en plus ».
Autre allié souvent ignoré, le perce oreille adore les refuges sombres, humides et étroits, comme les tas de feuilles mortes. Une colonie de 10 de ces bêtes peut consommer jusqu’à 500 pucerons par nuit. On peut lui offrir un abri avec un petit pot en terre cuite percé, traversé par une corde, rempli de paille, de feuilles mortes ou de foin, fermé par un grillage puis suspendu à l’envers contre une branche ou le tronc.
Traitements naturels et produits à réserver en dernier
Pour compléter l’action des auxiliaires, des pulvérisations douces sont possibles. L’arrosage minutieux des feuilles avec une préparation à base d’orties ou avec de l’huile de colza diluée aide à faire chuter les populations. Il reste important de mouiller aussi la face inférieure des feuilles, où les pucerons du hêtre se concentrent.
Pour réduire les attaques l’année suivante, il existe aussi des traitements de sortie d’hiver appliqués juste avant le débourrement des hêtres. Ces produits, pulvérisés sur les rameaux, visent les œufs hivernants du puceron. En saison, certains insecticides se répandent avec un pulvérisateur à pression, toujours en insistant sur l’envers des feuilles.