Pyrale du buis : dans le Waldeck‑Frankenberg, ce ravageur laisse de nombreux jardins à nu
Dans le district allemand de Waldeck‑Frankenberg, des haies de buis se retrouvent réduites à un enchevêtrement de branches grises. La pyrale du buis, appelée sur place Buchsbaumzünsler, a provoqué en peu de temps un « dénudement » des jardins, un Kahlfraß comme disent les habitants. Les nuits d’été très chaudes ont offert à ce petit papillon nocturne des conditions idéales pour se multiplier.
À Wiesenfeld et dans d’autres villages, des massifs de buis sont devenus bruns en quelques jours, y compris dans le jardin de plantes médicinales près de l’ancienne église du couvent. Les services officiels de protection des plantes du Landkreis parlent encore peu du sujet, tandis que les associations naturalistes et les habitants s’organisent. Entre buis défoliés et arbustes sauvés in extremis, les jardiniers cherchent désormais comment réagir.
La pyrale du buis, un envahisseur bien installé à Waldeck‑Frankenberg
Originaire d’Asie de l’Est, le papillon Cydalima perspectalis est arrivé en Europe en 2007 via le commerce de plants de buis et colonise aussi la région de Waldeck‑Frankenberg. L’adulte, nocturne, vit à peine huit jours, mais chaque femelle pond des centaines d’œufs cachés dans le feuillage. Les chenilles vertes striées de noir peuvent défolier totalement un buis, avec deux à quatre générations qui se succèdent chaque année en Allemagne.
Selon les relevés du Pflanzenschutzamt Berlin, les vols de pyrale du buis se produisent en deux grandes vagues, la première dès mai, la seconde pendant les semaines les plus chaudes de l’été. Les jeunes chenilles hivernantes se remettent à manger dès que les températures dépassent environ 7 °C au printemps, puis une nouvelle génération apparaît souvent fin juillet, exactement ce qu’ont observé les jardiniers de Waldeck‑Frankenberg cette année.
Comment repérer la pyrale du buis avant que le buis ne se vide
À Wiesenfeld, la jardinière amateur Elke Beaupain a remarqué dès juin les premières chenilles sur ses buis et a utilisé un produit de protection des plantes biologique autorisé. « Il agit via le Bacillus thuringiensis et attaque très efficacement surtout les premiers stades larvaires », explique-t-elle. Ce traitement, considéré comme sans danger pour les abeilles et les auxiliaires, appliqué au bon moment, a suffi à protéger ses buis pendant tout l’été.
La section féminine de l’association de Wiesenfeld a aussi mené une lutte intensive avec du calcaire d’algues qui rend le feuillage peu appétent. Pour les autres jardiniers, les spécialistes conseillent d’ouvrir régulièrement le buisson et de surveiller quelques signaux clés :
- feuilles grignotées et brunies à l’intérieur du buis ;
- fils soyeux et petites crottes noires sur les feuilles ;
- chenilles vertes à tête noire, le long des nervures.
Agir contre la pyrale du buis sans nuire au reste du jardin
Première étape, l’action mécanique : tailler les rameaux attaqués, retirer à la main les nids de chenilles et enfermer les déchets dans un sac plastique hermétique, à jeter avec les ordures résiduelles plutôt qu’au compost. Quand la température dépasse 18 °C et que les chenilles sont encore jeunes, des préparations à base de Bacillus thuringiensis peuvent compléter, en respectant bien les doses pour limiter le risque de résistance.
Heinz‑Günter Schneider, président du NABU de Waldeck‑Frankenberg, estime que la pyrale du buis finira par s’intégrer à la chaîne alimentaire. Des essais ont lieu en Allemagne avec des nématodes Steinernema carpocapsae, appliqués sur le feuillage humide pour parasiter les larves. « Car beaucoup de ces poisons contiennent des neonicotinoïdes et sont de véritables massues chimiques qui nuisent à d’autres insectes et donc aussi aux oiseaux », avertit-il, en déconseillant les insecticides chimiques et en rappelant que des buis très défoliés peuvent repartir.