Toutes les forêts ne présentent pas la même fragilité face aux incendies. Certaines essences d’arbres s’embrasent plus facilement, tandis que d’autres disposent d’atouts naturels pour mieux résister au feu. Découvrez lesquelles et pourquoi.
Face aux incendies, les arbres ne sont pas tous égaux
En proie aux flammes, les zones boisées ne sont pas armées de la même manière. Certaines espèces d’arbres brûlent rapidement, tandis que d’autres parviennent mieux à survivre au passage du feu. Une étude publiée dans Global Change Biology par Julien Barrere, chercheur en écologie forestière, repose sur les inventaires des forêts nationales française et espagnole. Ses travaux ont ainsi permis d’analyser ces différences entre les espèces.
La résistance dépend notamment de l’épaisseur de l’écorce, de la quantité d’eau présente dans les tissus ou encore de la structure de l’arbre. Les arbrisseaux sont souvent plus vulnérables que les arbres adultes face aux incendies. Mais avec le changement climatique, l’intensification des feux bouleverse ces mécanismes naturels de défense.
Les espèces d’arbres qui alimentent les feux de forêt
Parmi les espèces les plus inflammables figurent plusieurs conifères comme le pin d’Alep, le pin maritime, le pin sylvestre et le pin noir. Leur sensibilité s’explique notamment par une écorce moins protectrice et une forte présence de composés particuliers. Ce sont ces terpènes qui favorisent la combustion, d’après le site Canopée.
À l’inverse, certains feuillus méditerranéens résistent mieux aux incendies. Le feu touche moins les chênes, notamment le chêne-liège grâce à son écorce épaisse et isolante. Une étude publiée dans PLOS ONE par Ana M. G. Barros et José M. C. Pereira, basée sur cinq années d’incendies au Portugal, confirme que les pinèdes et les plantations d’eucalyptus brûlent davantage que les forêts de feuillus.
L’eucalyptus : un cas bien particulier, selon les scientifiques
L’eucalyptus fait partie des arbres particulièrement étudiés en raison de sa composition chimique et de sa structure. Ses feuilles riches en huiles essentielles contiennent des composés volatils. Ils peuvent favoriser l’embrasement, tandis que son écorce légère se détache facilement et peut transporter des braises.
Le gommier bleu est notamment considéré comme une essence très inflammable. Une étude publiée dans la revue MDPI en 2022 montre que cet eucalyptus, comme le pin radiata, libère une grande quantité d’énergie lors de sa combustion. Originaire d’Australie, la présence de cette espèce pyrophile est remise en question dans les régions françaises exposées aux incendies.