Le petit oiseau au plastron orangé qui suit le jardinier au moindre coup de bêche fascine beaucoup de monde. Quand le froid s’installe et que le jardin se vide d’insectes, beaucoup aimeraient voir ce compagnon rester près de la maison, venir chaque jour sur la terrasse ou le rebord de fenêtre. Sans forcément installer une batterie de mangeoires sophistiquées ni acheter des mélanges coûteux.
Dès septembre, le rougegorge familier, ou Erithacus rubecula, commence à changer de plumes et à constituer des réserves de graisse pour affronter l’hiver. Dans le même temps, les fruits et invertébrés dont il se nourrit disparaissent progressivement. Les ornithologues du Muséum national d’Histoire naturelle et de la LPO rappellent que l’on peut l’aider avec quelques aliments ciblés. L’un d’eux se trouve souvent déjà dans la cuisine, à condition de le choisir et de le préparer correctement.
Rougegorges au jardin : pourquoi ils reviennent chez ceux qui les nourrissent bien
Le rougegorge fréquente naturellement le sous-bois et le sol nu, où il picore insectes, araignées et petits fruits tombés. L’expert de Beaky Bites résume ce comportement : « Les rougegorges préfèrent se nourrir au sol, ce qui signifie qu’ils se nourrissent sur des plateaux posés au sol ou directement sur le sol lui-même dans l’herbe. C’est leur manière naturelle de se nourrir et cela les fait se sentir plus à l’aise et en sécurité ».
Quand arrive l’automne, cette habitude le met pourtant en difficulté : les insectes se raréfient, les baies disparaissent et le sol peut geler. Il doit en même temps assumer la mue, très coûteuse en énergie, et stocker de la graisse pour tenir jusqu’au printemps. Des spécialistes de Beaky Bites expliquent que les rougegorges raffolent des cacahuètes et des cœurs de tournesol, très riches en protéines et en graisses.
Cacahuètes crues non salées : l’ingrédient de cuisine qui fait craquer le rougegorge
Pour offrir cet ingrédient sans danger, un point compte plus que tout : elles doivent être crues et non salées. Les spécialistes de Beaky Bites rappellent que les rougegorges ne digèrent pas bien le sel, qui peut provoquer déshydratation, atteintes rénales voire la mort. La LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle conseillent, eux aussi, de ne donner que des aliments simples, non grillés, sans épices ni ajout d’huile.
Ces graines oléagineuses concentrent graisses et protéines dans un très petit volume, exactement ce dont a besoin un rougegorge qui doit se réchauffer rapidement. Ornithomedia rappelle que les cacahuètes concassées figurent parmi les aliments les plus appréciés par le rougegorge familier, surtout en période de froid. On évite en revanche les cacahuètes salées ou aromatisées, les fruits secs moisis et les filets en plastique, qui peuvent être dangereux pour les oiseaux.
Comment préparer et présenter les cacahuètes pour voir le rougegorge revenir souvent
Une fois les bonnes cacahuètes achetées, il reste à les adapter au petit bec fin du rougegorge. L’idéal consiste à les broyer grossièrement au mortier ou au rouleau à pâtisserie, pour obtenir de petits éclats faciles à avaler et sans risque d’étouffement. Les spécialistes recommandent ensuite de les proposer sur une mangeoire plateau ou directement au sol, en petits tas espacés. Un plateau stable, posé près d’un buisson mais loin des cachettes à chats, sera vite repéré.
Pour que le rendez-vous s’installe, mieux vaut nourrir régulièrement plutôt qu’en grosses quantités d’un coup. Une petite poignée de cacahuètes concassées, renouvelée chaque jour en automne et en hiver, suffit largement. Le Muséum national d’Histoire naturelle recommande de retirer les restes, de nettoyer le plateau et de changer souvent l’eau d’une coupelle peu profonde, afin de limiter les risques de contamination entre oiseaux. La LPO préconise de débuter ce nourrissage auxiliaire à l’automne, autour de septembre, et de le réduire puis l’arrêter au printemps, quand insectes et vers reprennent le relais dans le jardin.