Un arbre bien feuillu, un peu d’ombre et rien d’inquiétant à première vue. Pourtant, durant les mois les plus chauds, une branche peut soudainement casser et tomber. En 2026, ces accidents se multiplient sous l’effet de la sécheresse et des épisodes de canicule qui fragilisent les arbres. Les spécialistes parlent de casses ou de ruptures estivales. Le phénomène n’a rien d’anodin. La semaine dernière, un retraité a perdu la vie après avoir été violemment heurté par une branche de platane alors qu’il traversait un passage piéton. Laurent Davighi, qui gère un bar situé sur la place depuis 17 ans, n’avait encore jamais assisté à un tel accident. « Il y a eu une petite rafale qui a duré même pas 10-20 secondes et la branche, d’assez gros calibre, lui est tombée sur la tête », raconte-t-il auprès de Franceinfo .
Pourquoi la sécheresse peut-elle faire tomber les branches des arbres ?
Pour comprendre ces chutes de branches, il faut regarder ce qui se passe à l’intérieur de l’arbre. Celui-ci puise l’eau présente dans le sol grâce à ses racines. Elle circule ensuite dans l’arbre avant de s’évaporer par les feuilles. Quand le sol devient trop sec, cette circulation de l’eau fonctionne moins bien et l’eau se réchauffe. D’après l’hypothèse avancée par les scientifiques, certaines branches ne résisteraient alors plus à ces conditions et finiraient par se casser.
Le phénomène apparaît durant les mois les plus chauds et 2026 s’annonce comme une année record pour les chutes de branches. Il peut toucher des arbres qui, vus de l’extérieur, ne donnent pas forcément l’impression d’être sur le point de perdre une partie de leur ramure. De quoi changer l’ambiance d’une promenade sous les arbres. « C’est inquiétant, surtout que moi j’ai un petit garçon de 4 ans, on passe beaucoup de temps dans les parcs, en forêt », confie une mère de famille. Un autre promeneur ajoute : « Ça peut être dangereux, forcément. Si on se promène, il y a une branche qui nous tombe dessus, ça peut faire mal ».
Même un arbre robuste peut perdre une grosse branche en été
La situation rencontrée à Obernai, dans le Bas-Rhin, illustre l’ampleur que peut prendre le phénomène. La commune alsacienne a connu quatre incidents durant l’été. L’un d’eux concernait un frêne, une essence pourtant réputée robuste. La taille de la branche donne une idée du danger. « Elle faisait 12 mètres de long avec une section de 15 cm de diamètre », précise Francis Bronner, directeur du pôle logistique et technique d’Obernai.
Les fortes chaleurs laissent aussi d’autres traces beaucoup plus visibles. Face à cette sécheresse hors norme, de nombreux arbres sont passés en mode survie : leur feuillage a jauni et certaines feuilles sont tombées. Mais le problème devient plus délicat lorsqu’aucun signe extérieur ne permet de soupçonner qu’une branche est fragilisée.
Le danger des ruptures estivales, des branches peuvent céder sans prévenir
C’est justement ce caractère imprévisible qui complique la tâche des équipes chargées de surveiller les arbres. Une branche peut sembler normale avant de céder, ce qui rend difficile toute intervention préventive. Francis Bronner décrit clairement cette difficulté pour France Info : « C’est inquiétant parce qu’on ne peut pas le prévoir et on ne peut pas le traiter en amont, puisqu’il n’y a aucun indice qui peut nous dire que cette branche va tomber ».
Avec les sécheresses et les fortes chaleurs, le jaunissement ou la chute des feuilles ne sont donc pas les seuls signes de souffrance des arbres. Certaines fragilités peuvent rester cachées au cœur du bois, alors même que l’arbre paraît encore solide de l’extérieur.