Sophie Thomson révèle l’outil de jardinage qu’elle emporte partout avec elle

Les jardiniers rêvent de roses parfumées, de tomates sucrées… et parfois d’un outil un peu étrange, à mi-chemin entre le gadget de bricolage et l’instrument scientifique. En Australie, Sophie Thomson, figure de l’émission Gardening Australia sur la chaîne ABC, a passé sa vie les mains dans la terre et les yeux sur les plantes. Quand elle visite un jardin ou une rue surchauffée, elle sort toujours le même objet de son sac, sans que l’on sache tout de suite de quoi il s’agit.

Cette horticultrice, connue pour transformer des terrains grillés en oasis, s’est confiée au journal britannique The Guardian. Dans cette interview, elle révèle que son objet le plus utile n’est ni un sécateur ni une bêche, mais un thermomètre infrarouge : « Mon thermomètre infrarouge, qui voyage avec moi partout où je vais ». Derrière ce petit pistolet à laser rouge se cache une manière très concrète de lire la chaleur au jardin… et de revoir nos choix de matériaux.

Pourquoi le thermomètre infrarouge de Sophie Thomson ne la quitte jamais

Ce type de thermomètre mesure, à distance, la température de surface des matériaux grâce au rayonnement infrarouge. Sophie Thomson a commencé par l’utiliser dans son propre potager : sol nu au soleil contre sol recouvert de paillis. Les relevés l’ont bluffée, l’écart de température étant parfois énorme entre deux parcelles pourtant voisines. L’outil a vite quitté l’abri du cabanon pour rejoindre son sac à main au quotidien.

Très vite, la jardinière l’a pointé vers les murs en pierre ou en brique, les tôles ondulées, puis vers le pavage comparé au gazon naturel. Elle raconte aussi que l’objet attire l’attention lors de ses voyages en avion : « Sa forme a tendance à faire se retourner quelques têtes parmi les agents de sécurité », sourit Sophie Thomson. Sur le bord des routes, on peut la voir mesurer le gazon synthétique, souvent 30 à 40 °C plus chaud que le gazon naturel, ou les sols amortissants d’aires de jeux, montés jusqu’à 88 °C.

Ce que révèlent ses mesures au jardin et en ville

En comparant systématiquement les surfaces, Sophie Thomson met en images l’îlot de chaleur urbain. Les données rejoignent ce qui a été montré dans son émission : des zones couvertes de végétation peuvent rester sous les 10 °C quand, à quelques mètres, le béton et le bitume montent entre 30 et 60 °C. Pour un jardin, cela change tout : un sol plus frais limite le stress hydrique, protège les racines et réduit la consommation d’eau.

Ses relevés pointent aussi les « radiateurs cachés » autour des massifs : façades sombres exposées plein sud, terrasses en pierre dense, plaques de métal. Là où un mur renvoie la chaleur sur un massif, les plantes grillent plus vite. Le duel gazon naturel contre gazon synthétique est encore plus parlant : le premier reste plus frais grâce à la transpiration des feuilles, alors que le second se comporte comme une plaque chauffante. Sur les aires de jeux, un revêtement amortissant mesuré à 88 °C pose une question très concrète : la température que ressentent les mains d’un enfant ou les coussinets d’un chien.

Comment utiliser un thermomètre infrarouge chez soi au jardin

Pour un particulier, un thermomètre infrarouge reste simple à utiliser. Le capteur lit la chaleur d’une zone de surface ; plus on s’éloigne, plus la zone mesurée s’agrandit. Ce rapport distance/surface est indiqué sur l’appareil. Mieux vaut viser perpendiculairement, à la même heure d’un jour à l’autre, et garder en tête que l’on mesure la peau des matériaux, pas la température de l’air. Une fois ces bases posées, les usages se multiplient :

  • comparer sol nu et sol paillé dans les massifs ;
  • tester terrasse, allée et pas japonais au plus chaud de la journée ;
  • viser les murs qui bordent le potager ou la serre ;
  • contrôler la température d’un balcon ou d’un toit-terrasse ;
  • vérifier l’aire de jeux des enfants ou la zone où dort le chien.

Les résultats orientent ensuite des gestes très concrets. Une surface trop chaude près d’un massif ? On peut ajouter du paillis, planter un arbuste d’ombre ou installer une plante grimpante sur treillage. Une terrasse brûlante en été ? Des matériaux plus clairs et perméables, associés à des bacs plantés, limiteront la montée en température. Comme le rappelle l’équipe de Gardening Australia, la transpiration des plantes agit comme une climatisation naturelle. Pour Sophie Thomson, ce petit pistolet à température n’est pas un jouet : c’est un révélateur silencieux de chaleur, qui aide à concevoir des jardins plus agréables à vivre.