Une vieille chaussette, quelques poignées de gros sel et un morceau de ficelle : voilà un drôle d’équipement à retrouver suspendu dans un abri de jardin. Pourtant, cette astuce maison poursuit un objectif bien précis : lutter contre l’excès d’humidité qui peut s’installer dans les petits espaces fermés. Avec les nuits qui fraîchissent et les journées plus humides, l’abri peut en effet devenir particulièrement exposé à la condensation. Outils métalliques, cartons, coussins de jardin ou sacs de terreau peuvent alors en faire les frais. D’où l’idée d’utiliser le sel comme absorbeur d’humidité d’appoint. Mais cette méthode est-elle vraiment efficace ?
Pourquoi suspendre une chaussette remplie de gros sel dans l’abri de jardin ?
Le principe repose sur une propriété bien réelle du sel. Le chlorure de sodium est un matériau hygroscopique : lorsque l’air devient suffisamment humide, il peut capter de la vapeur d’eau présente dans son environnement. Le phénomène est d’ailleurs bien connu dans la conservation du sel. C’est notamment pour cette raison qu’un paquet laissé ouvert dans un environnement très humide peut finir par s’agglomérer et former des blocs. À partir d’un certain niveau d’humidité relative, le chlorure de sodium peut même attirer suffisamment d’eau pour commencer à se dissoudre dans celle-ci.
Dans un petit espace fermé, certains détournent donc cette propriété pour fabriquer un absorbeur d’humidité maison. La chaussette sert simplement de contenant respirant : elle maintient les cristaux ensemble tout en les laissant au contact de l’air. Il faut cependant rester mesuré. Quelques poignées de gros sel ne vont pas assécher entièrement un abri de jardin. L’astuce peut éventuellement capter une petite quantité d’humidité lorsque les conditions s’y prêtent, mais elle reste un complément et non une solution à un véritable problème d’humidité.
Pourquoi l’humidité pose-t-elle autant de problèmes dans un abri de jardin ?
En automne, les conditions sont souvent réunies pour voir apparaître de la condensation. L’air contient de la vapeur d’eau et, lorsqu’il rencontre une surface suffisamment froide, une partie de cette humidité peut se condenser sous forme de gouttelettes. Dans un abri peu ventilé, on peut alors retrouver des traces d’eau sur les vitres, le toit ou les parois. Et ce sont les objets entreposés à l’intérieur qui finissent par en pâtir. Les outils métalliques sont particulièrement sensibles : l’eau et l’oxygène participent au processus de corrosion qui conduit à l’apparition de rouille.
Mais ils ne sont pas les seuls. Les cartons peuvent ramollir, les textiles prendre une odeur de renfermé et une humidité persistante peut favoriser le développement de moisissures sur certains matériaux. Avant l’automne, mieux vaut donc inspecter l’abri, retirer tout ce qui a été rangé encore mouillé et vérifier les éventuelles infiltrations d’eau. Quelques minutes d’aération régulière seront également beaucoup plus efficaces sur le long terme qu’une chaussette remplie de sel.
Comment utiliser une chaussette de gros sel sans faire d’erreur ?
Pour tester cette astuce, choisissez une vieille chaussette propre et parfaitement sèche, puis remplissez-la de gros sel. Fermez-la avec un nœud solide ou une ficelle et suspendez-la dans un endroit où l’air circule, sans la placer directement contre les outils ou une paroi métallique. Ce dernier point est important. Le sel et les métaux ne font pas bon ménage en présence d’humidité : les chlorures peuvent accélérer certains phénomènes de corrosion. Si le sel devient humide ou si de l’eau salée commence à s’écouler de la chaussette, elle risque donc de faire exactement l’inverse de ce que l’on recherche en entrant en contact avec les outils.
Une solution plus prudente consiste à suspendre la chaussette au-dessus d’un petit récipient non métallique, capable de recueillir une éventuelle humidité. Vérifiez régulièrement son état et remplacez le sel lorsqu’il devient très humide, compact ou commence à se liquéfier. Enfin, si des gouttes ruissellent régulièrement sur les parois ou si des moisissures apparaissent, inutile de multiplier les chaussettes. Il faut rechercher la cause du problème : infiltration, défaut d’étanchéité, manque d’aération ou remontées d’humidité.