Tailler ses arbres fruitiers en septembre : l’erreur fréquente qui peut réduire la récolte l’an prochain
En septembre, beaucoup de jardiniers sortent le sécateur pour « nettoyer » au plus vite leurs pommiers, poiriers ou pruniers. Le geste paraît anodin, presque obligatoire avant l’automne. Pourtant, au moment où l’arbre commence à ralentir, chaque coupe compte. Une taille mal dosée suffit à affaiblir la floraison future, voire à faire chuter la récolte de l’an prochain sans qu’on comprenne pourquoi.
Entre fin août et début septembre, l’arbre fruitier met en réserve ce qu’il a produit pendant l’été et commence à différencier ses futurs bourgeons à bois et ses futurs bourgeons à fruits. C’est aussi la période où la taille en vert reste possible sur les sujets vigoureux. Bien menée, elle prépare une belle fructification. Mal ciblée, elle supprime directement les futurs fruits. Tout se joue sur la façon dont vous coupez en septembre.
Ce qui se joue vraiment fin août et en septembre sur vos arbres fruitiers
À la fin de l’été, la croissance ralentit, la sève se retire peu à peu des extrémités et se concentre dans les bourgeons déjà en place. Selon les guides arboricoles, c’est à ce moment que la chaleur d’août et de septembre favorise la mise en place des bourgeons floraux. Autrement dit, une bonne partie de la récolte de l’année prochaine est déjà « écrite » sur le bois actuel.
Tailler à cette période permet de diriger cette énergie vers les bons rameaux, à condition d’intervenir avec légèreté. La taille en vert, pratiquée de juillet à septembre sur les arbres vigoureux, sert surtout à éclaircir la ramure, laisser entrer la lumière et contenir les excès de vigueur. Lorsque le geste devient trop radical, les coupes retirent les organes déjà programmés pour porter fleurs et fruits.
L’erreur n°1 en septembre : une taille trop sévère qui sacrifie les bourgeons à fruits
L’une des fautes les plus fréquentes vient d’un excès de zèle. Beaucoup de jardiniers raccourcissent fortement toutes les branches, ou rabattent l’arbre pour le « rajeunir ». Or, comme le rappellent les spécialistes, une taille trop agressive prive l’arbre de ses réserves et l’oblige à consacrer toute son énergie à refaire du bois, en produisant des gourmands vigoureux, au lieu de préparer calmement sa future floraison.
Les arboriculteurs recommandent de ne pas retirer plus d’un tiers de la ramure en une fois. Avant chaque coupe, un simple repère aide à ne pas se tromper : les bourgeons à fruits sont ronds, trapus, légèrement bombés, alors que les bourgeons à bois restent fins et pointus. En observant bien les rameaux de pommier ou de poirier, on distingue vite ces petits renflements qu’il vaut mieux conserver.
Comment bien tailler en septembre sans perdre la récolte de l’an prochain
En septembre, l’objectif reste une intervention douce. Sur les arbres à pépins comme le pommier ou le poirier, on se limite à éliminer le bois mort, les branches qui se croisent, celles qui poussent vers l’intérieur ou quelques gourmands très verticaux. Sur les arbres à noyaux, prunier ou cerisier par exemple, cette fenêtre d’août et septembre favorise une cicatrisation rapide et réduit le risque de moniliose ou de chancre.
Avant de ranger le sécateur, quelques réflexes simples sécurisent la taille de septembre et protègent la récolte à venir.
- Repérer les rameaux bien chargés en bourgeons à fruits et les conserver.
- Désinfecter les lames à l’alcool entre deux arbres.
- Couper net, un peu en biais, au dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur.
- Vérifier qu’on n’a pas dépassé environ un tiers de la ramure supprimée.