Tomates de fin de saison : 5 astuces de grand-mère pour les faire mûrir plus vite
Les derniers jours d’été, le potager déborde souvent de tomates vertes encore fermes alors que les nuits se rafraîchissent. On redoute les premières gelées et l’idée de voir tout ce beau monde finir au compost agace un peu. Pourtant, ces fruits encore durs peuvent gagner en couleur et en saveur avec quelques gestes bien choisis.
La tomate fait partie des fruits climactériques : elle continue à mûrir une fois cueillie, surtout si elle profite de chaleur et d’éthylène, un gaz naturel qui déclenche la maturation. Dit comme ça, cela paraît très technique, mais les anciens l’avaient bien compris à leur façon. Encore faut-il connaître les gestes malins transmis par nos grands-mères pour les aider un peu.
Comment faire mûrir les tomates vertes de fin de saison sans les gâcher
Avant toute astuce, il faut trier. On garde les fruits déjà formés à leur taille définitive, d’un vert plutôt foncé ou déjà légèrement jaunissant ou rosissant, parfois appelés stade « tournant ». On écarte les tomates tachées, fendues, atteintes de mildiou, car une seule pièce malade peut faire pourrir tout un lot. Et on intervient avant les nuits de gel, car une tomate gelée ne retrouve ni sa texture ni son goût.
Pour les tomates cueillies, l’idéal reste une pièce tempérée, autour de 12 à 18 °C, bien aérée et sèche. On peut tout simplement les déposer dans un saladier ou un cageot près d’un rebord de fenêtre lumineux, en évitant un soleil direct trop fort qui les ramollirait ou les déshydraterait. Cette base prépare le terrain aux astuces de grand-mère qui vont accélérer vraiment la maturation.
Astuce de grand-mère : chaleur et éthylène pour faire rougir les tomates
Première alliée : la corbeille de fruits. Pomme et banane dégagent beaucoup d’éthylène, ce qui stimule la maturation des tomates voisines. En plaçant quelques tomates vertes déjà bien formées près d’une pomme ou d’une banane mûre, certains jardiniers constatent un rougissement net en moins d’une semaine. Il faut en revanche surveiller régulièrement la banane, qui noircit vite et peut devenir un foyer de moisissures à retirer immédiatement.
Autre tour très utilisé : le sac en papier ou le papier journal. On glisse les tomates avec une pomme dans un sac en papier kraft simplement replié, ou on emballe chaque fruit dans du papier journal avant de les ranger dans un cageot. Le papier retient l’éthylène sans enfermer trop d’humidité, à la différence des sacs plastiques. On entrepose le tout dans une pièce autour de 15 °C et l’on contrôle tous les deux ou trois jours, en retirant les tomates mûres ou suspectes. Selon l’avancement des fruits, la coloration peut prendre d’une à trois semaines.
Derniers coups de pouce au potager pour accélérer la maturité des tomates
Quand les plants sont encore chargés de fruits, nos aïeules jouaient des ciseaux. Elles taillaient les pieds en supprimant une grande partie des feuilles, les fleurs tardives et les petites tomates qui ne rattraperont jamais leur retard. On peut aussi étêter les tiges principales quelques semaines avant les gelées pour stopper la croissance. Toute la sève se concentre alors sur les fruits déjà présents, qui ont davantage de chances de rougir. Si le froid arrive trop vite, on arrache le pied entier et on le suspend la tête en bas dans un local chaud pour qu’il finisse de nourrir ses tomates.
Au jardin, un bon paillis joue enfin le rôle de petite couverture. Une couche de foin, de tontes de gazon sèches, de feuilles mortes ou de matériaux minéraux au pied des plants emmagasine la chaleur du jour et la restitue la nuit, prolongeant un peu la saison. Pour éviter que les efforts soient gâchés, quelques erreurs sont à bannir :
- enfermer les tomates dans du plastique, qui garde l’humidité et favorise la pourriture ;
- laisser des fruits abîmés au milieu des sains ;
- oublier de contrôler régulièrement les cagettes ou sacs en papier ;
- laisser les pieds et les fruits dehors quand des gelées sont annoncées.
Et si, malgré tous ces coups de pouce, quelques tomates restent désespérément vertes, beaucoup de jardiniers les transforment en confiture ou en chutney, histoire de ne rien perdre de la récolte.