Une façade couverte de grappes violettes, c’est le rêve de beaucoup de jardiniers, jusqu’au jour où la glycine commence à s’infiltrer sous les tuiles, à tordre les gouttières et à étouffer tout ce qui pousse autour. Au moment où elle termine sa floraison, en juin, beaucoup hésitent : faut-il couper, et si oui, combien, sans sacrifier les fleurs de l’an prochain ?
Pour le jardinier et présentateur britannique Monty Don, la réponse ne souffre pas d’attente : c’est justement maintenant qu’il faut intervenir, avec une taille précise et régulière, pour garder une glycine florifère et sage sur la maison. Sa méthode repose sur une simple règle de longueur, facile à mémoriser, même pour un débutant.
Pourquoi Monty Don insiste sur la taille de la glycine en juin
La glycine est une liane puissante qui adore s’enrouler autour des descentes de gouttière, des volets ou des arbustes voisins. Sans taille, elle forme vite un enchevêtrement de bois dur et de feuillage qui finit par abîmer les supports et étouffer les autres plantes du jardin. Tailler en juin permet de reprendre la main avant que tout ne devienne incontrôlable.
Monty Don rappelle d’abord comment la plante fonctionne : « La glycine produit ses fleurs sur les nouvelles pousses, qui à leur tour émergent de coursons sur les tiges principales », explique Monty Don sur son blog, cité par le quotidien britannique Mirror. Comprendre cela change tout : pour avoir un maximum de grappes, il faut raccourcir ces jeunes pousses au bon moment, juste après la floraison de fin de printemps.
La règle des 15 cm : ramener chaque pousse de l’année sur la charpente
L’expert précise ensuite le calendrier : « Quand elles ont fini de fleurir – et pour la plupart d’entre nous, c’est vers la mi-juin – c’est le meilleur moment pour tailler toutes les nouvelles pousses de l’année jusqu’à un courson en ne laissant pas plus d’environ 6 pouces de croissance ». Six pouces, cela représente environ 15 centimètres : il s’agit donc de tailler la glycine en juin en ramenant chaque longue tige verte de l’année à une petite extension de 15 cm au plus, proche de la charpente.
Concrètement, on repère les pousses souples qui ont filé depuis le printemps, on suit chaque tige jusqu’à sa base, puis on coupe à environ 15 cm de la tige principale, juste au-dessus d’un bourgeon. C’est aussi l’occasion de raccourcir ou d’attacher les rameaux qui partent vers le toit ou dans les fenêtres. Et si vous avez peur d’être trop sévère, Monty Don conseille d’être « plutôt dans l’idée de couper trop légèrement », quitte à revenir plus tard pour ajuster. Mieux vaut une taille un peu timide que pas de taille du tout.
Compléter la taille de juin par une taille d’hiver pour une glycine au top
La taille de juin ne suffit pas à elle seule à garder une glycine parfaite, même si elle règle déjà une grande partie du problème de vigueur et de désordre. Les guides de jardinage recommandent de la combiner avec une taille hivernale, réalisée entre janvier et février, quand la plante a perdu ses feuilles. Monty Don donne là encore une indication très concrète en parlant des rameaux latéraux issus de la taille de juin.
En début d’année, après la chute du feuillage, il indique qu’il faut réduire chaque rameau latéral à « seulement 2 ou 3 pouces », ce qui représente environ 5 à 7 centimètres, afin de rapprocher encore les futurs boutons floraux de la charpente. Ce duo taille de juin à 15 cm, puis taille d’hiver très courte, évite que la glycine ne se transforme en masse de bois et de feuilles contre le mur, tout en multipliant les grappes au printemps suivant. Installée dans un sol bien drainé, en situation ensoleillée et à l’abri des vents forts, cette liane spectaculaire restera alors un atout pour la maison plutôt qu’un risque pour la maçonnerie et les plantes voisines.