Un matin, vous remarquez un petit trou bien net dans la pelouse, juste au bord de la terrasse. Immédiatement, une question arrive : et si c’était un trou de serpent ? Entre peur de la morsure et envie de protéger la faune du jardin, on hésite à reboucher, à appeler les pompiers ou à ne rien faire.
Ce type de découverte est très courant au printemps, quand taupes, mulots, campagnols, rats, lapins mais aussi serpents circulent sous nos pieds. Les serpents observés dans les jardins français, surtout les couleuvres, sont en général peu dangereux et se nourrissent de rongeurs. Reste à savoir si ce trou dans le jardin abrite un reptile discret ou un voisin à moustaches plus envahissant. Tout se joue sur quelques détails autour du trou.
Trou dans le jardin : serpent ou rongeur, bien lire les premiers indices
Premier repère rassurant : en France, aucun serpent ne creuse de galerie. Un soi-disant nid de serpent est presque toujours un ancien terrier de rongeur, une fissure de muret ou une cavité sous un tas de bois. Les spécialistes de Maison et Travaux décrivent souvent un orifice de 3 à 5 cm de diamètre, rond, aux bords assez nets et sans gros monticule de terre, placé à l’ombre, près d’un mur, d’une souche ou de broussailles.
Les rongeurs, eux, fabriquent leurs propres réseaux souterrains. Le rat brun laisse des ouvertures plus larges, autour de 6 à 9 cm, avec un petit tas de terre tassée à côté et au moins deux entrées reliées. Le mulot ou le campagnol creuse des trous de 3 à 5 cm, parfois obliques, souvent cachés sous les herbes ou les massifs, avec des racines rongées ou une herbe très rase tout autour. Les lapins, enfin, creusent des orifices de 10 à 15 cm avec un gros monticule.
Reconnaître un trou de serpent dans le jardin sans se mettre en danger
Un trou utilisé par un serpent reste souvent discret. Pour aller vite, certains indices parlent d’eux-mêmes :
- fins fragments de peau translucide, traces de mue autour de l’orifice ;
- crottes allongées, sombres, avec une extrémité blanche ;
- traces sinueuses en S dans la terre ou l’herbe ;
- entrée propre, sans toiles d’araignée ni amas de feuilles.
Plus vous cumulez ces éléments, plus le passage d’un serpent est probable.
Pour vérifier tout cela sans risque, gardez toujours vos distances. N’introduisez jamais la main ni un bâton dans un trou suspect et restez à deux ou trois mètres, en utilisant le zoom du téléphone pour observer les détails. Les serpents se montrent surtout au printemps et en été, tôt le matin et en fin de journée. En cas de présence confirmée près de la maison, les serpents étant protégés par l’arrêté du 8 janvier 2021, mieux vaut contacter un réseau de type SOS Serpents, une association naturaliste locale ou les pompiers si l’animal se trouve coincé dans un bâtiment.
Terrier de rongeur : quand le trou annonce surtout des rats ou des mulots
Un terrier de rongeur se trahit souvent par ce qui entoure l’ouverture. Chez le rat brun, les crottes mesurent 10 à 20 mm, en forme de petite capsule, et l’on repère parfois une odeur d’urine forte, des traces de gras sur les passages et de fins chemins battus menant vers le compost ou le poulailler.
Pour les mulots et campagnols, les dégâts concernent plutôt bulbes, jeunes plants et racines, avec une herbe tondue à ras autour des petits trous. Si l’origine rongeur se confirme, le risque porte surtout sur l’hygiène et les bâtiments ; un professionnel pourra proposer une dératisation adaptée.