Une masse d’air brûlant gagne l’Europe. Après la France et l’Italie, c’est au tour de l’Espagne, de la Hongrie et de la Roumanie de faire face à une nouvelle vague de chaleur, avec des températures qui tutoient ou dépassent les 40 °C et mettent à l’épreuve réseaux électriques, hôpitaux et vie quotidienne.
En Andalousie, Cordoue doit se préparer à affronter 44 °C, pendant que Budapest frôle 41,6 °C et que la plaine roumaine reste sous alerte rouge jusqu’à 41 °C. Face à cette offensive, les autorités recommandent le télétravail, reportent des examens ou ouvrent des espaces de fraîcheur pour les plus fragiles. Reste à comprendre comment ces décisions se traduisent concrètement sur le terrain, et ce que la France pourrait apprendre de ces stratégies.
Espagne : alertes météo et refuges climatiques face à la vague de chaleur
Selon l’AEMET (l’équivalent de Météo-France en Espagne), presque tout le territoire espagnol passe en vigilance chaleur, avec un niveau rouge en Andalousie, Cantabrie et Pays basque. Les thermomètres dépassent largement les 35 °C sur la péninsule ibérique, montent vers 38 °C dans de vastes zones intérieures et doivent atteindre jusqu’à 44 °C à Cordoue. Les nuits restent tropicales, parfois torrides, avec des minimales qui ne descendent pas sous les 25 °C sur une partie du sud et du littoral méditerranéen.
Cette vague de chaleur a déjà un coût humain important : entre le 21 et le 28 juin, le système MoMo de l’Instituto de Salud Carlos III attribue 639 décès aux températures extrêmes, et depuis le 15 mai, 923 personnes sont mortes de la chaleur. Pour limiter les risques, des villes comme Cordoue mettent en place des refuges climatiques, des bâtiments publics frais ouverts du 15 mai au 30 septembre 2026 pour les personnes vulnérables et les touristes sans climatisation.
Hongrie : télétravail, eau et électricité sous pression avec 41,6 °C
En Hongrie, le thermomètre frôle son record historique avec des valeurs allant jusqu’à 41,6 °C près de Budapest. La chaleur extrême s’accompagne de restrictions d’eau locales, d’incendies de végétation et d’une chute marquée du débit de la rivière Tisza, ce qui fragilise encore plus l’approvisionnement en eau. Des hôpitaux signalent des pannes de systèmes de refroidissement, signe que les infrastructures de santé peinent à fonctionner normalement dans ces conditions.
Pour éviter une surcharge du réseau électrique, le gouvernement hongrois recommande aux habitants de réduire leur consommation domestique en fin de journée, en particulier entre 18 heures et 21 heures, période de pointe pour la climatisation et les appareils ménagers. Les autorités encouragent aussi fortement le télétravail, afin de limiter les déplacements aux heures les plus chaudes et d’adapter l’organisation du travail aux épisodes de chaleur répétitifs qui touchent l’Europe centrale.
Roumanie : alerte rouge, examens reportés et organisation du quotidien
En Roumanie, les services météorologiques placent une grande partie du pays en alerte rouge, avec des maximales prévues jusqu’à 41 °C. Les autorités ont fait état de trois décès liés à la chaleur pendant cet épisode. Les régions de plaine et les grandes villes restent sous une forte contrainte thermique, avec des nuits où la température ne redescend que très lentement.
Le Ministère de l’Éducation a décidé de reporter les épreuves obligatoires du baccalauréat et des concours d’accès à l’université prévues un mardi en pleine canicule, pour éviter que des centaines de milliers de lycéens ne passent des heures en classe sous un soleil écrasant. Cette réorganisation du calendrier scolaire illustre comment la chaleur pousse déjà les pouvoirs publics à modifier l’organisation du travail, de l’école et l’aménagement des villes.