Venaison française : les députés ouvrent la voie à une nouvelle filière alimentaire

L’Assemblée nationale a adopté l’amendement n°1128 sur la valorisation de la venaison française ( consultable à ce lien). Défendu par le député Eddy Casterman (RN), le texte veut mieux intégrer la viande de gibier sauvage dans les projets d’avenir agricole. Entre souveraineté alimentaire, circuits courts et enjeux sanitaires, le débat a animé l’hémicycle.

Une volonté de développer la venaison française

Le débat autour de la venaison française a pris une nouvelle dimension à l’Assemblée nationale. L’amendement n°1128, soutenu par le député Eddy Casterman, a été adopté après sous-amendement du rapporteur Julien Dive. Le texte vise à intégrer la valorisation de la viande de gibier sauvage dans les projets d’avenir agricole. Pour le député, la situation actuelle est paradoxale. Chaque année, environ 900 000 sangliers, 90 000 cerfs et plus de 500 000 chevreuils sont prélevés en France. Pourtant, seule une faible partie de cette viande rejoint les circuits de distribution. Dans le même temps, une grande quantité de gibier consommé en France provient de l’étranger, notamment d’Europe de l’Est ou de Nouvelle-Zélande.

Les défenseurs du texte estiment que cette filière pourrait répondre à plusieurs enjeux. La venaison permettrait de développer les circuits courts, de limiter le gaspillage alimentaire et d’offrir une viande locale aux consommateurs. Plusieurs initiatives existent déjà sur le terrain, comme le label « Gibiers de France » porté par la Fédération nationale des chasseurs.

Des inquiétudes sur le plan sanitaire pour l’opposition

Le débat n’a toutefois pas fait l’unanimité. Plusieurs députés ont alerté sur les risques sanitaires liés au développement de la venaison française. La députée Mélanie Thomin (PS) a notamment évoqué les dangers liés à la peste porcine et à la prolifération des sangliers dans certains territoires.

Selon elle, le développement d’une nouvelle filière pourrait fragiliser les élevages porcins déjà en difficulté. Même constat pour Agnès Pannier-Runacher.  » Le problème majeur, ce n’est pas d’avoir des projets d’alimentation, mais de parvenir à garantir la sécurité sanitaire de la filière. En effet, cela requiert l’intervention rapide de vétérinaires –⁠ qui ne sont pas toujours disponibles – sur de petites quantités. Madame la ministre l’a souligné : cela ne peut concerner que des projets locaux.« .

Malgré ces réserves, plusieurs députés ont souligné l’intérêt agricole de la mesure. Nicolas Turquois ( Les Démocrates) a rappelé que la prolifération des sangliers crée de lourds dégâts dans certaines exploitations agricoles. Pour lui, mieux valoriser la venaison pourrait aussi participer à la régulation des populations de grand gibier.

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Un signal politique pour les territoires ruraux

Finalement, le sous-amendement du rapporteur Julien Dive a permis de trouver un compromis. Celui-ci précise qu’il ne s’agit pas de créer une obligation, mais simplement d’ouvrir des possibilités pour les territoires qui souhaitent structurer une filière locale. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a également soutenu cette version amendée du texte. Elle a évoqué ses visites dans des établissements agricoles travaillant déjà sur la transformation de la venaison. Selon elle, ces projets montrent qu’une filière encadrée peut exister localement.

Le scrutin final a confirmé le soutien de l’Assemblée nationale. L’amendement n°1128, sous-amendé, a été adopté par 113 voix contre 33. Une adoption qui envoie un signal fort aux chasseurs, aux collectivités rurales et aux acteurs souhaitant développer la venaison française dans les années à venir.