Ventes de succession : cette vaisselle colorée que vous laissez filer peut valoir gros, voici comment la repérer vite

Dans une vente de succession, beaucoup d’acheteurs foncent sur les bijoux ou les meubles et laissent de côté la vaisselle colorée. Ce verre pressé des années 1920-1940, le verre de la Dépression (Depression glass), peut pourtant valoir aujourd’hui autant que certaines verreries dites « élégantes ». Né comme vaisselle bon marché pour les foyers modestes américains, il s’est mué en trouvaille convoitée sur les buffets et dans les cartons de cuisine.

« Il est coloré et était populaire pendant la Grande Dépression comme alternative à la porcelaine coûteuse pour dresser la table », explique Lori Verderame. « Alors que le verre coloré est utilisé depuis des siècles, le verre de la Dépression est surtout connu pour ses couleurs. Les collectionneurs recherchent le plus activement le verre de la Dépression en rose, ambre et vert ». En pleine vente de succession, le défi consiste à les repérer vite, sans passer à côté d’une belle pièce.

Repérer le véritable Depression glass dès votre arrivée en vente de succession

Avant de fouiller les piles, rappelez-vous ce que vous cherchez. Le verre de la Dépression est une vaisselle en verre pressé, produite aux États-Unis entre environ 1920 et 1940. Il sortait de moules en fonte, ce qui laisse souvent des lignes de jointure, de minuscules bulles ou des marques de moule. Ces petits défauts sont normaux, à distinguer de la verrerie « élégante », plus épaisse et finie à la main.

En vente de succession, commencez par la cuisine, le vaisselier, les caisses marquées « vaisselle » plutôt que les vitrines trop mises en scène. Repérez d’abord la couleur, comme le conseille Lori Verderame, puis la finesse du verre : les pièces anciennes paraissent souvent plus minces, avec des teintes légèrement atténuées. Pour aller vite, gardez en tête une petite routine visuelle.

  • Mettre de côté tout verre rose, vert ou ambre repéré sur les tables.

Couleurs, motifs et marques pour reconnaître le verre de la Dépression

La couleur reste votre meilleur raccourci. Le rose et le vert sont les plus courants, suivis de l’ambre et du jaune. Le bleu cobalt apparaît moins souvent et attire des prix plus élevés. Selon Lori Verderame, la plupart des pièces tournent autour de 20 dollars (environ 18 €) à 200 dollars (environ 185 €), selon le motif, la couleur et la rareté.

Les fabricants ont créé plus d’une centaine de motifs, chacun avec son identité. Cherry Blossom de Jeannette Glass, American Sweetheart de MacBeth-Evans, Sharon de Federal Glass ou Moderntone de Hazel-Atlas figurent parmi les plus traqués. Les motifs de grappes, d’étoiles éclatées ou de feuilles reviennent très souvent. Regardez aussi le dessous : une ancre dans un cercle signale Anchor Hocking, un H dans un losange Hazel-Atlas, un écu avec un F la Federal Glass.

Éviter les reproductions et juger vite la valeur du Depression glass

Les reproductions compliquent la chasse au vrai verre ancien en vente de succession. « Il existe des pièces de verre de la Dépression reproduites dans les années 1970 », précise Lori Verderame, « mais le verre de la Dépression du début du XXe siècle se reconnaît facilement à son apparence fine, à ses couleurs atténuées et à ses motifs populaires représentant des grappes de raisin, des éclatements d’étoiles et des feuilles ». Méfiez-vous d’un motif connu dans une couleur jamais produite, comme un Cherry Blossom bleu cobalt ou rouge, ou d’un verre au toucher très lisse et au relief trop net.

L’état se vérifie en une minute bien utilisée. Passez le doigt sur le bord puis sur la base pour sentir le moindre éclat, et inspectez les reliefs du motif où les cassures se cachent. Un tout petit « fleabite » reste acceptable, une fissure qui traverse le verre fait pratiquement disparaître la valeur. Les beurriers, boîtes à biscuits, carafes ou services complets méritent ce contrôle avant de les emballer chacun dans du tissu.