Verveine : le bon moment pour la tailler et la récolter, plus l’astuce pour conserver ses feuilles

Une touffe de verveine citronnelle bien fournie, ça change tout pour les tisanes du soir et les desserts maison. Mais entre les gelées de l’hiver, les tiges qui se lignifient et les feuilles qui perdent leur parfum, beaucoup de jardiniers hésitent : faut-il tailler fort, quand couper, et comment garder ce parfum de citron dans les bocaux pendant des mois ?

Ici, on parle de verveine citronnelle, Aloysia triphylla, aussi appelée verveine odorante, et non de la verveine officinale ou de la citronnelle du type Cymbopogon citratus. Cette vivace au feuillage caduc forme un arbuste aromatique qui repart bien de la souche, à condition de respecter le bon calendrier de taille, de récolte et surtout de conservation des feuilles. C’est là que tout se joue.

Quand tailler la verveine citronnelle pour qu’elle reparte bien

La taille se fait en fin d’hiver, quand le froid le plus dur est passé et que le printemps commence à s’installer. La plante a perdu ses feuilles, les tiges sèches se repèrent très bien. Il suffit alors de couper ce bois mort et de rabattre la ramure à environ 30 à 40 cm du sol, en gardant une silhouette équilibrée. La verveine citronnelle repart ensuite à partir de la souche avec de nouvelles pousses vigoureuses.

En climat froid, le pied a été protégé par un paillage durant l’hiver. Dès que les risques de fortes gelées diminuent, on peut aussi ressortir les pots hivernés sous abri. Là encore, un bon rabattage à 30 ou 40 cm stimule la ramification et donne plus de tiges feuillées pour les futures récoltes. Autrement dit, tailler au bon moment conditionne la quantité de feuilles disponibles de juin à l’automne.

Récolter la verveine citronnelle : les bons mois et les bons gestes

Les feuilles se récoltent entre l’été et la fin de l’automne, tant qu’elles restent bien vertes et avant qu’elles ne commencent à faner. Une première coupe a lieu en juin : les feuilles, vert cendré, offrent un parfum subtil et très fin, idéal pour les tisanes délicates. Une seconde récolte se pratique en août ou septembre, avec des feuilles plus foncées, plus riches en huile essentielle, au goût plus marqué. Certains préfèrent aussi prélever au fil des besoins entre avril et septembre.

Pour limiter le stress de la plante, mieux vaut couper des tiges entières au sécateur, plutôt que d’arracher les feuilles une par une. On sectionne au-dessus d’un nœud, ce qui favorise de nouvelles pousses, et on évite de prélever plus d’un tiers du volume de la touffe à chaque passage. La récolte s’effectue en milieu de matinée, après l’évaporation de la rosée, et pas juste après une pluie, car des feuilles trop humides sèchent beaucoup plus mal.

L’astuce simple pour bien conserver les feuilles de verveine

La méthode la plus fiable pour conserver les feuilles de verveine reste le séchage à l’air libre. Après la cueillette, un rinçage rapide à l’eau claire suffit, suivi d’un essuyage soigneux avec du papier absorbant ou un torchon propre. Les feuilles ou les petits bouquets sont ensuite disposés dans un endroit chaud, sec et très aéré, soit suspendus, soit étalés sur du papier. Selon la météo et l’humidité ambiante, le séchage dure environ une à deux semaines, jusqu’à ce que les feuilles soient bien cassantes.

Le trio gagnant pour éviter moisissures et perte d’arôme tient en trois points simples :

  • feuilles parfaitement sèches avant la mise en bocal,
  • séchage rapide dans un lieu chaud, sec et ventilé,
  • stockage à l’abri de la lumière, dans des bocaux en verre hermétiques ou des sachets en papier, avec une étiquette mentionnant le nom de la plante et la date.

Une fois ces conditions réunies, la verveine citronnelle séchée se garde au moins un an dans un placard, tout en gardant un parfum de citron très agréable pour les tisanes et les recettes maison.