Chaque printemps, les mêmes scènes se répètent au rayon jardin : bottes de bambous, piquets en bois, tuteurs brillants. En quelques achats, le budget grimpe, alors que ces supports finiront souvent tachés de rouille ou cassés au bout de quelques saisons. Pourtant, nombre de jardiniers ne savent plus qu’il existe une vieille habitude, presque oubliée, qui transforme un simple arbuste en fabrique à tuteurs.
Cette pratique était courante dans les campagnes : le long d’une haie ou au fond du potager, on installait quelques arbustes que l’on taillait de la même façon pour récolter des tiges droites. Année après année, le jardin produisait lui-même piquets et perches, sans bambou importé ni plastique. Cette habitude a un nom, et une fois en place, elle peut vous fournir des piquets toute votre vie.
Recépage du noisetier : l’habitude ancestrale qui fait pousser vos tuteurs
Les forestiers parlent de recépage, ou taillis, appelé en anglais coppicing. Le principe est d’empêcher un arbre ou un arbuste de devenir un tronc unique : on le coupe très bas, près du sol. La souche, toujours vivante, réagit en envoyant un bouquet de rejets vigoureux, bien droits. Ces tiges poussent pendant quelques années, sont récoltées, puis la souche repart pour un nouveau cycle.
Traditionnellement, ces taillis fournissaient bois de chauffage, clôtures, manches d’outils ou matériaux de construction. Pour un jardinier, l’intérêt est plus simple : obtenir, à répétition, des tiges longues et étroites parfaitement adaptées comme tuteurs gratuits. Plutôt que d’acheter chaque printemps des cannes de bambou, vous récoltez vos propres piquets pour haricots, tomates, pois ou fleurs grimpantes, sans épuiser l’arbuste qui continue de repousser.
Pourquoi le noisetier et le saule sont des usines à piquets naturels
Le meilleur allié pour ce système reste souvent le noisetier commun. Il réagit très bien au recépage en produisant de nombreuses tiges droites de diamètres variés. Les plus grosses, coupées quand elles ont environ trois ans et mesurent autour de 3 à 5 centimètres d’épaisseur, donnent d’excellents piquets pour haricots et dahlias, comme le recommande la Royal Horticultural Society. Les morceaux plus fins et ramifiés servent de supports parfaits aux pois et capucines.
Quelques noisetiers bien installés, même dans un petit jardin, fournissent chaque hiver une belle réserve de perches et de piquets pour bordures. Le saule donne lui aussi des tiges longues et souples qui repoussent très vite après la coupe. Sa particularité est déroutante : fraîchement coupé et planté dans un sol humide, un piquet de saule peut s’enraciner et se transformer en arbre.
Quand couper, entretenir et sécuriser vos tuteurs maison
Pour tirer le meilleur parti de ce bois gratuit, la coupe se fait en général en fin d’hiver ou tout début de printemps, quand les plantes sont encore en repos végétatif. On laisse d’abord les jeunes noisetiers ou saules s’installer quelques années, puis on sectionne les tiges près du sol, en laissant une souche nette d’où repartiront les rejets. Dans un petit bosquet, mieux vaut diviser les arbustes en groupes et en recéper un différent chaque année, afin d’avoir toujours plusieurs épaisseurs disponibles.
Une fois les perches coupées à la bonne longueur, on les laisse sécher dans un endroit aéré, surtout pour le saule, que l’on préfère bien sec avant de l’enfoncer en terre. Après la saison, un simple seau d’eau mélangée à un peu d’eau de Javel ou de vinaigre blanc suffit pour laver tuteurs et piquets, comme le conseille Mon Jardin Ma Maison, avant de les faire sécher au soleil. Pleine Vie rappelle aussi l’intérêt de vérifier régulièrement piquets, tuteurs et liens souples avant les coups de vent, afin que vos supports maison tiennent bon en cas de tempête.