En octobre, beaucoup rangent le sécateur, persuadés que la saison est terminée. Pourtant, c’est le moment où les tiges de nombreux arbustes se raffermissent, juste ce qu’il faut pour donner de futures boutures. Avec quelques gestes simples, l’automne peut se transformer en fabrique de jeunes plants pour le printemps.
Pour les jardiniers qui veulent un jardin plus fourni sans dépenser, la multiplication par boutures reste l’alliée idéale. L’horticulteur Simon Wilkinson, récompensé par la Royal Horticultural Society, rappelle que l’automne offre des tiges semi-aoûtées ou déjà ligneuses, parfaites pour s’enraciner lentement sous abri. Reste à savoir quelles plantes choisir pour profiter à fond de ce créneau.
Octobre, le bon moment pour bouturer au jardin
Selon Simon Wilkinson, en automne on travaille surtout sur des boutures semi-aoûtées ou de bois dur, des tiges qui ont mûri pendant la saison et commencent à se raffermir. Il recommande de choisir des pousses saines, sans maladie, non fleuries, épaisses comme un crayon, de couper juste sous un nœud puis de retirer les feuilles du bas pour favoriser l’enracinement.
À partir de là, certaines plantes se prêtent particulièrement bien aux boutures d’automne. Les valeurs sûres pour un massif plus dense au printemps : la lavande, le romarin, l’hortensia, les fuchsias et le rosier. Toutes offrent des tiges semi-aoûtées ou ligneuses que l’on peut prélever en octobre pour obtenir, quelques mois plus tard, des touffes bien plus généreuses.
Méthode simple de bouture d’automne pour ces 5 plantes
La technique reste largement la même pour ces cinq espèces. Un sécateur propre, un substrat très drainant (un mélange compost ou terreau avec du sable) et éventuellement une hormone de bouturage suffisent. « La poudre ou le gel d’hormone de bouturage que l’on trouve en jardinerie donnera un coup de pouce à vos boutures, mais ce n’est pas indispensable », rappelle l’expert.
Reste à installer les pots. Pour Simon Wilkinson, « une fois vos boutures prêtes, l’endroit compte tout autant. Un châssis froid, une serre non chauffée ou même un rebord de fenêtre lumineux fonctionnent bien ». Il recommande aussi, au jardin, de viser des zones abritées du vent et des pluies fortes et, en cas de gel annoncé, de protéger les jeunes plants avec voile ou cloche.
Lavande, romarin, hortensia, fuchsia, rosier : réussir les boutures
La lavande se bouture sur des tiges semi-aoûtées, ni trop tendres ni totalement ligneuses. On prélève environ 10 cm en haut de la tige, sans fleurs, on retire les feuilles du bas puis on plante dans un compost très drainant, gardé en châssis froid ou en serre non chauffée jusqu’au redoux. Le romarin se travaille plutôt sur des tiges vertes de 7 à 10 cm, non fleuries, dans un mélange compost et sable, en surveillant de près les arrosages.
Côté arbustes à fleurs, l’hortensia accepte des boutures de bois dur dès que les feuilles sont tombées. On choisit des tiges de l’année, épaisses comme un crayon, que l’on coupe en sections de 20 à 25 cm sous un nœud, puis on les plante dans un coin abrité au sol riche, avec un peu de paillage pour garder l’humidité. Les fuchsias se bouturent aussi sur bois ligneux : tiges défleuries, coupées sous un nœud, mises en compost humide et gardées en serre hors gel. Les rosiers, enfin, se travaillent sur des tronçons de 20 à 25 cm prélevés sous un nœud foliaire, dont on retire feuilles et épines sur la moitié basse avant de les planter dans une zone abritée. Pour Simon Wilkinson, la multiplication reste un jeu de nombres : mieux vaut préparer plus de boutures et ne garder au printemps que les plus vigoureuses.