Juillet, c’est le moment où le jardin vibre de chants d’oisillons qui quémandent sans relâche. Les adultes font des allers‑retours épuisants pour trouver assez de nourriture, alors même que les ressources naturelles se raréfient dans les pelouses rases et les haies déjà bien taillées.
Des associations comme la RSPB et les spécialistes de CJ Wildlife rappellent que ces semaines d’été sont décisives pour la survie des jeunes. Et un geste tout simple, avec seulement deux fruits du quotidien, peut vraiment peser dans la balance pour la faune du jardin.
Pourquoi juillet est décisif pour les merles, grives et moineaux du jardin
Les experts de CJ Wildlife résument bien l’enjeu : « Nourrir les oiseaux sauvages en été aide les parents débordés à compléter les mangeoires et à fournir toute la nourriture naturelle dont leurs jeunes ont besoin. Des mangeoires bien remplies peuvent être une bouée de sauvetage pour les jeunes oiseaux qui apprennent comment et où trouver de la nourriture à proximité. » Les populations d’oiseaux atteignent leur maximum en été, ce qui accentue la concurrence pour chaque insecte ou baie disponible.
Longtemps, on a cru qu’il ne fallait les aider qu’en hiver. CJ Wildlife constate pourtant : « Il n’y a pas si longtemps, beaucoup pensaient qu’il ne fallait nourrir les oiseaux du jardin qu’en hiver. Des études menées sur le long terme ont pourtant montré qu’offrir de la nourriture aux oiseaux du jardin toute l’année est bénéfique, qu’il s’agisse de soutenir des espèces en déclin ou de mieux connaître les visiteurs de votre jardin », soulignent les spécialistes. Juillet devient donc un mois clé pour nourrir les oiseaux du jardin sans perturber leur comportement naturel.
Pommes et poires : les 2 fruits à laisser sur la pelouse ou la table à oiseaux
La RSPB recommande tout particulièrement les pommes et poires, surtout quand elles sont un peu abîmées mais encore saines. L’association explique : « Vous pouvez proposer des restes comme des fruits secs, ou des fruits tels que des pommes et des poires. N’utilisez rien de moisi ou de salé, et si vous avez un chien, ne mettez pas de fruits secs issus de la vigne, comme les raisins, qui peuvent être toxiques pour lui. Les fruits, en particulier les pommes et les poires meurtries, seront appréciés des grives et des merles. » Une belle façon d’éviter le gaspillage tout en aidant la faune.
Ces espèces, comme les merles, grives, moineaux, accenteurs mouchets ou tourterelles, préfèrent le nourrissage au sol plutôt que les silos suspendus. La RSPB rappelle d’ailleurs : « Les merles sont trop grands pour accéder à la plupart des mangeoires suspendues. Pour les attirer dans votre jardin, il est préférable de disposer la nourriture sur une table à oiseaux ou de la répandre au sol. » En pratique, on coupe les fruits en quartiers ou en rondelles, puis on les dépose soit directement sur la pelouse, soit sur une table à oiseaux stable et facile à nettoyer.
Mode d’emploi en juillet : emplacement, sécurité et hygiène des mangeoires
Pour le nourrissage au sol, l’emplacement compte autant que le fruit lui‑même. Les morceaux doivent être posés dans une zone bien dégagée, loin des haies, tas de bois ou massifs où un chat pourrait se cacher. Cette visibilité rassure les oiseaux qui peuvent surveiller les alentours en mangeant. En été, mieux vaut mettre de petites quantités de pommes et de poires, renouvelées souvent, afin d’éviter qu’elles ne fermentent ou ne moisissent sous la chaleur.
Reste la question de l’hygiène, cruciale pour limiter la propagation de maladies comme la trichomonose. La RSPB a même suspendu la vente de certaines tables ouvertes le temps d’enquêter sur leur rôle potentiel dans la diffusion de pathologies. L’association insiste : « L’hygiène des mangeoires est très importante. Brossez les débris à chaque fois que vous mettez de la nourriture fraîche et frottez les mangeoires avec une solution désinfectante douce chaque semaine. » Un passage à l’eau chaude savonneuse, le retrait quotidien des restes de fruits et, si possible, la rotation du point de nourrissage suffisent à transformer ces simples pommes et poires en véritable coup de pouce sûr pour la faune du jardin en plein cœur de l’été.