Les prévisions annoncent une nouvelle canicule au Royaume‑Uni cet été, et l’inquiétude monte chez les jardiniers qui imaginent déjà pelouses grillées et massifs affaissés. Les épisodes de chaleur extrême se répètent aussi en France, avec à la clé des plantes assoiffées et des sols qui se dessèchent à vue d’œil.
Face à ce scénario, une experte britannique, Carol Klein, connue dans l’émission *Gardener’s World*, rappelle qu’il suffit de deux tâches simples, réalisées avant le pic de chaleur, pour limiter les dégâts : un arrosage bien pensé et un bon paillage. Des gestes rapides, mais stratégiques. Tout commence bien avant que le thermomètre n’explose.
Tâche n°1 : un arrosage intelligent avant la canicule
Pour Carol Klein, l’eau est la priorité absolue. Dans une vidéo Instagram relayée par le tabloïd Express, elle résume : « Nous sommes en pleine canicule, et c’est vraiment difficile pour nous les humains comme pour nos plantes. On ne peut pas changer la météo, donc la meilleure chose à faire, avant tout, c’est d’arroser », explique Carol Klein. L’idée est de profiter de chaque goutte, sans en perdre la moitié par évaporation.
L’Ademe conseille d’arroser tôt le matin ou en soirée, quand l’air est plus frais. Futura Sciences rappelle qu’en pleine journée, sous un soleil haut, c’est « le pire moment » : une grande part de l’eau s’évapore avant d’atteindre les racines. Mieux vaut un arrosage profond, lent, directement au pied des plantes ou en goutte‑à‑goutte, plutôt qu’une fine pluie sur le feuillage. Le matin a un avantage : les feuilles sèchent plus vite, ce qui limite les maladies.
Tâche n°2 : un paillage express pour garder l’humidité dans votre jardin
Une fois le sol bien détrempé, il faut aussitôt emprisonner cette eau. Carol Klein insiste : « Si vous n’avez pas encore paillé votre sol pour piéger l’humidité en dessous, il n’est pas trop tard ». Elle recommande de commencer par donner une vraie bonne dose d’eau, puis d’étaler immédiatement une couche de paillis tout autour des plantes, sur 5 à 8 cm d’épaisseur, en laissant un petit espace autour des tiges et troncs.
L’experte se veut très pragmatique : « Si vous avez un bon compost, mettez‑en, ou de l’écorce compostée, n’importe quoi de ce type, juste pour retenir cette eau sous la surface du sol », détaille Carol Klein. Compost maison, feuilles mortes, copeaux de bois, tontes de gazon bien séchées fonctionnent très bien. L’Ademe souligne que le paillage est l’une des solutions les plus efficaces pour réduire les besoins en eau et protéger les racines des fortes températures, en aidant le sol à conserver son humidité.
Canicule : prioriser les plantes, anticiper les restrictions et penser à la faune
En période de canicule, chaque arrosoir compte. Les spécialistes recommandent de concentrer vos efforts, surtout si l’eau vient à manquer, sur trois catégories : les pots, jardinières et suspensions qui sèchent très vite ; les arbres, arbustes et vivaces récemment plantés, qui n’ont pas encore enraciné en profondeur ; les fruits et légumes en fleurs ou en pleine production, très gourmands en eau. Futura Sciences rappelle qu’un arrosage quotidien superficiel peut asphyxier les racines et favoriser les maladies.
En France, les épisodes de chaleur s’accompagnent parfois de restrictions d’eau, organisées en quatre niveaux (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) détaillés sur la plateforme VigiEau. D’où l’intérêt de récupérer l’eau de pluie pour garder une marge de manœuvre. À plus long terme, le xéropaysagisme, qui consiste à planter des espèces peu gourmandes en eau, permettrait entre 25 et 90 % d’économie d’eau selon le Centre d’information sur l’eau. Enfin, la Ligue pour la Protection des Oiseaux rappelle qu’une simple coupelle peu profonde, placée à l’ombre et remplie d’eau propre chaque jour, aide oiseaux, hérissons et autres petits animaux à traverser la chaleur : « Avec des objets de récupération, on a créé des abreuvoirs », explique Anne Goudenove, montrant qu’un petit coup de pouce suffit souvent.