Papier déchiqueté en paillis : peut-on l’utiliser au jardin ?
Un sac de confettis de papier qui déborde du destructeur, et la même question : dans quelle poubelle tout mettre sans se tromper ? Dans beaucoup de communes, le bac de recyclage refuse ce format trop fin, qui finit avec les ordures ménagères. Depuis 2024 et la généralisation du tri des biodéchets, un autre chemin s’ouvre pourtant à ces copeaux : le jardin.
Le paillage forme une couverture protectrice qui limite l’évaporation, garde le sol plus frais, freine les mauvaises herbes et favorise la vie du sol. Le papier, fait de fibres de cellulose très riches en carbone, se comporte comme un paillis organique classique en se décomposant en humus. À condition de respecter quelques règles, ce déchet peut devenir allié du potager, voire sauver des cultures en été.
Papier déchiqueté : les bons et mauvais choix pour le paillis
Pour le jardin, tous les papiers ne se valent pas. On garde le papier de bureau non glacé, les factures sans fenêtre plastique, les sacs bruns, le kraft, un carton ondulé simple et les journaux noir et blanc avec encres à base d’eau ou de soja. Avant broyage, on retire agrafes, trombones, ruban adhésif et fenêtres d’enveloppes.
Utiliser du papier déchiqueté en paillis reste envisageable, mais uniquement avec ces supports. À l’inverse, on écarte magazines brillants, publicités très colorées, emballages pelliculés ou aluminisés et papier thermique des tickets de caisse, chargés d’additifs. En cas de doute sur un papier très verni ou très encré, mieux vaut le réserver aux massifs ornementaux. Autre point important : le déchiquetage doit être fin, sinon les bandes se collent et forment des plaques qui bloquent l’air et l’eau.
Épaisseur et arrosage du paillis de papier déchiqueté
On commence toujours sur un sol désherbé et légèrement humide. Étalez une couche fine, au maximum 2 cm de papier, soit environ 1 pouce, pour limiter le feutrage en surface. Autour des tiges et troncs, on laisse une zone dégagée de 2 à 3 cm, ou 1 à 2 pouces, pour éviter la pourriture du collet : si le papier touche directement la plante, l’humidité reste coincée et les racines étouffent.
Une fois le paillis papier déchiqueté en place, arrosez doucement pour le stabiliser, puis recouvrez-le de 2 à 3 cm de paillis végétal plus lourd – paille, tontes sèches, feuilles mortes, BRF, copeaux ou écorces. Cette couche masque le papier, l’empêche de s’envoler et réduit les risques de limaces, friandes des paillis détrempés. Ce mélange convient bien aux légumes déjà installés, arbustes et vivaces, mais reste à manier avec prudence sur sols lourds et très humides.
Quatre conseils pour utiliser le papier déchiqueté sans risque
Pour s’y retrouver, on peut retenir quatre réflexes simples. Ils limitent les risques de feutrage, d’excès d’humidité ou de pollution du sol, tout en profitant du pouvoir couvrant du papier.
- Conseil 1 : trier les papiers, garder seulement les supports non glacés sans plastiques.
- Conseil 2 : broyer fin et limiter l’épaisseur du paillis à 2 cm.
- Conseil 3 : arroser le paillis puis le couvrir d’un paillis végétal plus lourd.
- Conseil 4 : dégager les tiges et surveiller l’humidité et la présence de limaces.
Si le paillage ne convient pas sur une terre souvent détrempée, le papier déchiqueté va au compost. Il sert alors de matière brune riche en carbone, à alterner finement avec les déchets « verts » pour ne pas bloquer l’azote. Dans un tas équilibré, il se dégrade en deux à six semaines. Les fibres ne se recyclent qu’environ huit fois, d’où l’intérêt de cette dernière vie au jardin.