Attention au jardin : cette mauvaise herbe discrète vous rend malade – et les gaz d’échappement aggravent le problème
Une petite plante vert tendre au bord de l’allée, un coin de pelouse un peu négligé, et tout va bien… jusqu’au jour où nez bouché, toux et yeux en feu s’invitent dès que vous mettez le pied au jardin. Pour beaucoup, ces crises d’allergie arrivent en fin d’été, alors que la plupart des autres pollens ont disparu.
Cette « simple » mauvaise herbe aime justement les talus, les friches, les terrains remués et les abords de routes. Là où passent voitures et engins, elle trouve un terrain idéal. Et c’est là que la situation se complique : les gaz d’échappement chargés en NO₂ rendent son pollen encore plus agressif. Le cocktail parfait pour gâcher la saison.
Ambroisie : une mauvaise herbe discrète au pollen ultra allergisant
Son nom : ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia). Originaire d’Amérique du Nord, cette plante s’est installée en France, surtout dans les zones agricoles et urbaines du centre et du sud-est. Une seule tige peut libérer jusqu’à un milliard de grains de pollen entre juillet et octobre, et quelques grains par mètre cube d’air suffisent à déclencher des réactions chez les personnes sensibles.
Les symptômes les plus fréquents sont :
- rhinites violentes, éternuements en salves, nez bouché ;
- yeux rouges, larmoiement, démangeaisons ;
- crises d’asthme, oppression thoracique, gêne respiratoire ;
- maux de tête, fatigue, parfois éruptions cutanées.
Gaz d’échappement, NO₂ et pollen d’ambroisie : un effet explosif
Les moteurs thermiques émettent un mélange de monoxyde de carbone, d’oxydes d’azote (NOx dont NO₂), d’hydrocarbures imbrûlés et de particules fines. Même avec pot catalytique et filtre à particules, la fiche de prévention de l’organisme Prevention BTP rappelle que « les gaz d’échappement d’engins à moteur thermique sont dangereux pour la santé ». Près des axes routiers, les niveaux de NO₂ restent élevés.
Des travaux relayés par l’Observatoire des ambroisies montrent que, sous atmosphère plus chargée en NO₂ (80 parties par milliard au lieu de 40), le pollen d’ambroisie modifie la composition de 57 protéines, dont 5 allergènes majeurs augmentés. L’allergène principal, Amb a 1, déclenche alors une réaction immunitaire plus forte. Au même moment, la pollution irrite déjà les bronches et fragilise les muqueuses : pour un allergique, les crises deviennent plus fréquentes et plus intenses à proximité du trafic.
Repérer l’ambroisie et s’en débarrasser sans se mettre en danger
Pour agir, il faut reconnaître la plante. L’ambroisie est verte du printemps à l’automne, avec des feuilles très découpées, mais d’un vert identique sur les deux faces. Quand on les froisse, elles n’ont presque pas d’odeur, contrairement à l’armoise commune, très aromatique. La tige est souvent rougeâtre et légèrement velue, les petites fleurs verdâtres forment des épis dressés en fin d’été. On la trouve souvent sous les mangeoires à oiseaux, sur les talus, chantiers ou bords de route.
Le bon moment pour intervenir se situe avant la floraison, en juin ou tout début juillet. Il faut alors arracher chaque pied à la main, avec la racine, en sol légèrement humide, en portant des gants épais. Si la plante porte déjà des fleurs, un masque filtrant limite l’inhalation de pollen. Les personnes asthmatiques ou très allergiques ont intérêt à déléguer cette tâche à un proche ou à un professionnel.
Limiter la propagation et éviter les fausses bonnes idées au jardin
Une fois arrachée, l’ambroisie ne doit jamais finir sur le compost ni dans la benne « déchets verts ». Les graines restent viables jusqu’à 40 ans dans le sol. Mieux vaut enfermer les plantes dans un sac plastique bien fermé et les jeter avec les ordures ménagères. En cas de foyer important ou de plantes sur un terrain public, un signalement sur la plateforme nationale signalement-ambroisie.fr ou auprès de la mairie aide les services compétents à intervenir.
Pour éviter d’en réensemencer votre jardin, surveillez les mélanges de graines pour oiseaux : privilégiez ceux indiqués « ambroisie contrôlée » ou des graines décortiquées, et jetez aux ordures le fin résidu passé au tamis. Dernier point important : oublier totalement le désherbage au gasoil. Verser du diesel sur les herbes est illégal en France, détruit la vie du sol et peut polluer les nappes phréatiques. Un binage régulier, un paillage épais et l’arrachage précoce de chaque jeune plant restent les armes les plus sûres pour garder un jardin sain, surtout près d’une route passante.