En novembre 2026, le ciel nocturne pourrait réserver aux habitants de l’Hexagone un spectacle rare : de véritables boules de feu filant lentement parmi les étoiles. Derrière ces traînées lumineuses parfois verdâtres, un acteur bien connu des astronomes se prépare à entrer en scène, mais le calendrier n’a rien d’un feu d’artifice continu.
Les spécialistes de l’International Meteor Organization (IMO), dont le calendrier est compilé par Jürgen Rendtel, annoncent une succession d’essaims actifs en novembre, dominés par les Taurides 2026 du Sud puis du Nord, avant un relais par les Léonides. Avec une Nouvelle Lune le 9 novembre 2026, plusieurs nuits devraient profiter d’un ciel bien sombre : quelques dates ressortent clairement.
Novembre 2026 : pourquoi les Taurides promettent des boules de feu
Les Taurides du Sud (002 STA) et les Taurides du Nord (017 NTA) sont issues du même complexe, lié à la comète 2P/Encke. L’IMO décrit pour 2026 une activité modérée, mais avec des météores « brillants et lents » : une configuration typique de ces bolides qui attirent tant les observateurs. Les Taurides du Sud sont actives du 20 septembre au 20 novembre, avec un maximum attendu le 5 novembre 2026 et un taux horaire zénithal (ZHR) de l’ordre de 5 à 10.
L’IMO rappelle le soin apporté à ce calendrier : « Le cœur du Calendrier est la Liste de travail des pluies de météores visuelles, grâce à une mise à jour régulière à partir des analyses utilisant la Base de données visuelle de météores, la liste la plus précise disponible aujourd’hui pour l’observation des météores à l’œil nu », explique l’organisation. Pour le public français, cela signifie que même si les chiffres de ZHR restent modestes, chaque météore a de bonnes chances d’être spectaculaire, avec une vitesse d’environ 27 km/s pour les Taurides du Sud et 29 km/s pour les Taurides du Nord.
Les nuits clés à retenir : 5 et 12 novembre 2026 en France
Selon le calendrier 2026, la première date à noter est la nuit du 5 novembre 2026, pic des Taurides du Sud. L’essaim reste actif depuis plusieurs semaines, mais c’est autour de cette nuit que les boules de feu ont le plus de chances de se manifester. En France, l’idéal consiste à s’installer loin des lumières, à laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité une vingtaine de minutes et à balayer le ciel plutôt qu’à fixer une seule direction, le radiant se trouvant dans la constellation du Taureau.
La seconde grande échéance arrive une semaine plus tard, avec le maximum des Taurides du Nord prévu le 12 novembre 2026. L’IMO signale que leur activité peut s’étaler sur environ dix jours autour de cette date, ce qui transforme le début de novembre en véritable « fenêtre Taurides ». La Nouvelle Lune du 9 novembre 2026 tombe en plein milieu de cette période, ce qui laisse espérer des nuits très sombres pour les observateurs français, capables de capter même les bolides plus discrets.
Léonides, autres dates et mode d’emploi pour profiter du spectacle
Une fois les Taurides passées, le calendrier ne se vide pas pour autant. Les Léonides (013 LEO), issues de la comète 55P/Tempel-Tuttle, sont actives du 6 au 30 novembre, avec un maximum attendu le 17 novembre 2026 vers 23 h 45 Temps universel et un ZHR d’environ 15. L’IMO modélise de faibles rencontres avec d’anciennes traînées de poussière entre le 17 et le 19 novembre. Le 22 novembre 2026, les α-Monocérotides atteindront aussi leur maximum, sans attente particulière de sursaut, mais les amateurs pourront tout de même garder un œil sur le ciel.
L’IMO résume sa philosophie ainsi : « Les objectifs de l’Organisation sont d’encourager, de collecter, d’analyser et de publier des données combinées sur les météores obtenues depuis des sites du monde entier afin d’améliorer notre compréhension de l’activité météorique détectable depuis la surface de la Terre ». Pour le passionné français, cela se traduit par quelques gestes simples pour mettre toutes les chances de son côté lors de ces nuits de novembre :
- Choisir un site dégagé, loin des éclairages urbains, avec un large horizon.
- Arriver au moins 20 minutes avant l’observation pour laisser les yeux s’habituer.
- S’allonger ou s’asseoir confortablement et regarder une grande portion de ciel, pas seulement le radiant.
- Prévoir vêtements chauds, thermos et patience : même avec un ZHR faible, une seule boule de feu peut valoir la soirée.
- Pour les photos, utiliser un trépied, un grand-angle et des poses répétées de plusieurs dizaines de secondes.