Cette taille de septembre ruine vos hortensias : ces 5 plantes du jardin à ne surtout pas toucher cette année

Septembre arrive, les massifs commencent à faner et l’envie de sortir le sécateur se fait sentir. Beaucoup de jardiniers profitent de cette rentrée au jardin pour tout raccourcir, par souci d’ordre. Ce grand nettoyage donne l’impression de bien préparer l’hiver. Pourtant, sur certaines plantes vivaces et arbustes, ce réflexe peut coûter cher à la floraison du printemps suivant.

Pendant que l’on range, nombre de plantes installent déjà leurs bourgeons ou leurs graines sur les tiges encore en place, comme le rappellent la Royal Horticultural Society et plusieurs jardins botaniques. La paysagiste Jo McGarry constate que « septembre est le moment où beaucoup de gens commencent à vouloir tout ranger, mais je retiendrais vraiment mon geste sur certaines plantes ». Certaines espèces gagnent même à rester debout tout l’hiver.

Pourquoi septembre est un mois piège pour tailler les plantes du jardin

Les botanistes distinguent un bois jeune, formé dans l’année, et un bois plus âgé, appelé vieux bois. Sur ce bois plus âgé, les boutons floraux de l’année suivante sont déjà installés dès la fin de l’été. Tailler en septembre revient alors à les supprimer, comme pour de nombreux hortensias ou arbustes à floraison printanière, et donc à sacrifier une bonne partie des fleurs.

L’architecte paysagiste Kevin Lenhart rappelle que « la meilleure période pour une taille forte reste la fin de l’hiver, vers février ». Les experts du Chicago Botanic Garden soulignent aussi que les plaies de taille restent ouvertes dans le froid et servent parfois de porte d’entrée aux maladies. Garder des tiges en place protège le pied du gel et offre un refuge à une foule d’insectes et d’oiseaux.

Cinq plantes à ne pas tailler en septembre, dont les hortensias

Parmi les plantes à ne pas tailler en septembre, les hortensias arrivent en tête, surtout les formes en boules et en plateaux qui fleurissent sur le vieux bois, ainsi que l’hortensia à feuilles de chêne. Jo McGarry conseille de laisser leurs grosses inflorescences sécher sur place, car elles animent le jardin tout l’automne et l’hiver. Même idée pour les graminées ornementales, dont les plumeaux gardent du relief pendant des mois.

  • Hortensias
  • Graminées ornementales
  • Échinacée
  • Sédum
  • Lavande

Les grosses têtes brunes de l’échinacée et du sédum donnent envie de nettoyer, pourtant elles forment une précieuse réserve de graines pour les oiseaux du jardin et structurent les massifs. Jo McGarry rappelle que le sédum reste décoratif en séchant, ses fleurs changeant de couleur et ses têtes de graines intéressant le regard tout l’hiver. La lavande, elle, supporte seulement une petite taille de propreté en septembre : mieux vaut la tailler en fin d’été, juste après la floraison, sans jamais couper dans le bois vieux.

Gestes à privilégier en septembre pour ces plantes sensibles

Ne pas tailler ne signifie pas tout laisser au hasard. Kevin Lenhart précise qu’en fin de saison « il est possible de supprimer les fleurs fanées, de couper les tiges mortes ou malades et de rediriger les pousses indisciplinées ». La paysagiste Kat Aul Cervoni parle de « taille sélective et stratégique en fin d’été, plutôt que de donner une coupe uniforme à tout le plant ». Ce tri ciblé suffit à garder le jardin net sans compromettre la floraison future.

Sur les hortensias, contentez-vous d’ôter les inflorescences vraiment abîmées, de caler les tiges fragiles et de pailler le pied. Pour les graminées, l’échinacée et le sédum, laissez les tiges se dresser tout l’hiver, puis rabattez-les d’un coup au printemps ; elles abritent la faune tout en protégeant le sol. Les spécialistes du Chicago Botanic Garden recommandent aussi un sécateur bien affûté, désinfecté à l’alcool isopropylique à 70 %. Ce maintien des tiges offre nourriture aux oiseaux et prépare un jardin plus sain et plus fleuri au printemps.

Sources